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23/01/2013 06:31 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Netanyahu, forcé à des concessions, va devoir composer avec les centristes

Benjamin Netanyahu, affaibli, est le mieux placé pour former le prochain gouvernement mais devra composer avec le parti modéré de Yaïr Lapid, vainqueur inattendu des législatives en Israël, qui pourrait le forcer à des concessions sur la question palestinienne.

"Nous voulons former une coalition large, stable, capable de faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés", a expliqué le ministre des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, au lendemain d'un scrutin qui s'est transformé, à la surprise générale, en cuisant revers pour le Premier ministre sortant.

Ce dernier, qui a fait part de son intention de former le "gouvernement le plus large possible", a commencé dès mardi soir des consultations téléphoniques avec les chefs de file des principaux partis.

Yaïr Lapid, 49 ans, nouveau venu en politique devenu faiseur de roi, a lui aussi souhaité un gouvernement "le plus large possible".

"Je voudrais que Netanyahu forme un gouvernement d'union nationale, un gouvernement élargi face à la question iranienne, au printemps arabe et à l'hiver islamiste", a plaidé le vice Premier ministre Silvan Shalom, un dirigeant modéré du Likoud (droite).

Selon les chiffres de la commission centrale électorale, qui portent sur 99,5% des résultats, la coalition de droite et des religieux est à égalité avec le bloc du centre et de gauche. Chacun des deux blocs compte 60 élus.

La liste commune formée par le Likoud de Benjamin Netanyahu et le parti Israël Beiteinou de l'ultranationaliste Avigdor Lieberman ne remporte que 31 sièges, contre 42 ensemble dans le Parlement sortant.

En revanche, le sémillant Lapid, ex-star de la TV, crée la sensation en faisant de Yesh Atid, qu'il a lancé il y a un an à peine, le deuxième parti d'Israël avec 19 députés, devant le Parti travailliste de Shelly Yachimovich (15 sièges).

"Il n'y aura aucun gouvernement raisonnable --c'est-à-dire aucun gouvernement que Netanyahu pourra diriger sans devenir un paria international-- sans Lapid. Il est donc devenu le joueur le plus important dans le système politique", prédit l'analyste Yossi Verter dans le quotidien Haaretz.

Négociations avec les Palestiniens ----------------------------------

Selon les commentateurs, M. Netanyahu n'aura d'autre choix que de lui proposer un des trois ministères régaliens: la Défense, les Affaires étrangères ou les Finances.

Pour Amnon Dankner, ancien rédacteur-en-chef du journal Maariv, Yaïr Lapid, qu'il connaît bien, est "vraiment fait pour les Affaires étrangères, en raison de sa vision diplomatique, de la magie personnelle qu'il dégage, de sa maîtrise impeccable de l'anglais et de ses qualités de leader".

Parmi les autres partis considérés comme des "alliés naturels" de M. Netanyahu, le Foyer juif, la formation nationaliste religieuse représentant les colons, a 11 élus, le partis ultra-orthodoxe sépharade Shass 11 et l'autre parti religieux ashkénaze Judaïsme unifié de la Torah 7.

Le succès spectaculaire de Yesh Atid ("Il y a un avenir") représente une victoire des classes moyennes intéressées d'abord par les questions sociales et sociétales.

Au premier rang des préoccupations de ce parti qui a fait de la laïcité un de ses chevaux de bataille, figure l'égalité face au service militaire, dont sont dispensés les religieux ultra-orthodoxes.

"Nous avons des lignes claires, surtout sur le service militaire. Nous exigerons du Premier ministre des actes, pas seulement des slogans", a expliqué à la radio Meïr Cohen, numéro 4 sur la liste de Yesh Atid.

"Nous ne siègerons pas dans un gouvernement qui ne négociera pas avec les Palestiniens", a souligné M. Cohen.

"L'isolement dans laquelle Netanyahu et Lieberman ont conduit Israël a inquiété les électeurs, qui veulent de bonnes relations avec les Etats-Unis, sous le président Barack Obama, au lieu de logements supplémentaires dans les colonies et des menaces de guerre contre l'Iran", estime l'éditorial du Haaretz.

bur-agr/sw