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23/01/2013 10:50 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Le prochain gouvernement Netanyahu toujours sous la pression internationale

Israel's Prime Minister Benjamin Netanyahu delivers a statement at his office in Jerusalem, Wednesday, Jan. 23, 2013. A weakened Netanyahu scrambled Wednesday to keep his job by extending his hand to a new centrist party that advocates a more earnest push on peacemaking with the Palestinians and whose surprisingly strong showing broadsided him with a stunning election deadlock. (AP Photo/Darren Whiteside, Pool)
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Israel's Prime Minister Benjamin Netanyahu delivers a statement at his office in Jerusalem, Wednesday, Jan. 23, 2013. A weakened Netanyahu scrambled Wednesday to keep his job by extending his hand to a new centrist party that advocates a more earnest push on peacemaking with the Palestinians and whose surprisingly strong showing broadsided him with a stunning election deadlock. (AP Photo/Darren Whiteside, Pool)

Sorti affaibli des élections en Israël, Benjamin Netanyahu, promoteur actif de la colonisation, va subir des pressions internationales renouvelées pour renouer le dialogue avec les Palestiniens mais s'efforcera de garder une ligne dure sur la crise nucléaire iranienne.

Peu après l'annonce des premiers résultats donnant 31 sièges (sur 120) à l'alliance entre son parti, le Likoud, et les ultranationalistes d'Israël Beiteinou, M. Netanyahu a présenté les priorités de son prochain gouvernement, plaçant les ambitions nucléaires de l'Iran en tête.

Le Premier ministre israélien insiste sur la menace que représente selon lui l'accession de l'Iran au nucléaire militaire, malgré les démentis de Téhéran, menaçant même de frappes "préventives".

Il tire argument de ce risque pour minimiser l'urgence d'une reprise du processus de paix israélo-palestinien, totalement bloqué depuis plus de deux ans.

Mais ces dernières semaines, la presse israélienne et des sources diplomatiques ont évoqué une prochaine initiative européenne pour relancer les négociations.

Mercredi, le ministre français des Affaires étrangère, Laurent Fabius, a souhaité que le prochain gouvernement israélien engage "très vite" les négociations avec les Palestiniens, afin que 2013 ne soit pas "une année blanche pour la paix".

La Maison Blanche a rappelé mardi son attachement à une solution à deux Etats, tandis qu'à Londres, le chef de la diplomatie britannique William Hague a prévenu que les chances de cette solution allaient en s'amenuisant.

Pour Oded Eran, ancien ambassadeur d'Israël à Bruxelles, ce sera encore plus délicat si la coalition inclut, comme c'est prévisible, les nationalistes religieux du Foyer juif (11 sièges), partisans d'une annexion de 60% de la Cisjordanie.

Parmi ses priorités, M. Netanyahu a aussi évoqué "la recherche constante d'une paix réelle", une expression évoquant en général pour lui un accord provisoire à long terme avec les Palestiniens, avec un maintien de la plupart des colonies.

Cette allusion à des négociations s'adressait sans doute moins aux dirigeants palestiniens qu'au centriste Yaïr Lapid, sensation du scrutin (19 sièges) et potentiel ministre des Affaires étrangères.

"Il n'y aura aucun gouvernement raisonnable --c'est-à-dire aucun gouvernement que Netanyahu pourra diriger sans devenir un paria international-- sans Lapid. Il est donc devenu l'acteur le plus important dans le système politique", prédit l'expert politique Yossi Verter dans le quotidien Haaretz.

Or, dans un entretien au Jerusalem Post avant les élections, Yaïr Lapid a rejeté toute intervention unilatérale en Iran, qui "permettrait aux Iraniens de dire qu'ils ont été attaqués par une puissance nucléaire et qu'ils n'ont pas d'autre choix que d'élaborer des armes nucléaires".

Mais si le télégénique Lapid donne un visage moins agressif au gouvernement, la faction religieuse nationaliste qui s'est renforcée au sein même du Likoud risque de garder la main.

Si M. Netanyahu "s'engage dans un programme de grande portée avec les Palestiniens, il risque de perdre un tiers de son propre parti", relève M. Eran.

Les Palestiniens eux-mêmes ne s'attendent pas à une "coalition pour la paix", a affirmé mercredi Hanane Achraoui, une responsable de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine). Pour elle, une alliance avec les "soi-disant modérés" risque même d'améliorer "cosmétiquement" l'image de M. Netanyahu à l'étranger, sans changement sur le terrain.

scw-fc/sst/agr/cnp