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23/01/2013 11:40 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Législatives en Jordanie: les islamistes boycottent et dénoncent des fraudes

Les Jordaniens votaient mercredi pour des législatives boycottées par les islamistes, principale force de l'opposition qui a dénoncé des fraudes, notamment des achats de voix.

Le vote a été prolongé d'une heure, jusqu'à 20H00 (17H00 GMT), en raison d'un taux de participation élevé, a annoncé la Commission électorale indépendante.

"Le taux de participation a atteint 54,2% à 16H00 GMT", a affirmé le porte-parole de la commission, Hussein Bani Hani, devant les journalistes.

A l'heure où le scrutin devait s'achever, de longues files se formaient encore devant les bureaux de vote à Amman et dans d'autres villes, a constaté l'AFP.

Dans un communiqué, les Frères musulmans ont cependant contesté les chiffres officiels. "La participation est très faible. Les chiffres annoncés par le gouvernement ne sont pas exacts", affirme la confrérie islamiste qui fait état de "plusieurs violations, y compris l'achat de voix et de fausses cartes d'électeur".

Le Centre national jordanien pour les droits de l'Homme a lui aussi fait état d'achats de voix à Amman et dans le gouvernorat de Balqaa, à l'ouest de la capitale.

"Le vote était lent le matin, mais dans l'après-midi, la participation a augmenté", a pour sa part affirmé le chef de la commission électorale, Abdel Ilah el-Khatib.

"Nos chiffres sont exacts et réalistes", a-t-il assuré à la télévision publique. "Nous n'avons rien à cacher. Le scrutin est supervisé par les Jordaniens eux-mêmes et des observateurs internationaux".

Des voitures recouvertes des affiches des candidats circulaient à travers la capitale, certaines proposant aux gens de les emmener voter. Dans les bureaux de vote, des militants politiques tentaient de convaincre les électeurs de voter pour leur favori.

Selon le chef de la police Hussein Majali, la police a tiré du gaz lacrymogène pour disperser un groupe "cherchant à influer sur le processus dans un bureau de vote d'une ville du Sud".

Environ 2,3 millions de Jordaniens doivent élire les 150 membres de la chambre basse du Parlement, pour un mandat de quatre ans, parmi 1.425 candidats.

Mais les Frères musulmans et le Front de réforme national de l'ex-Premier ministre Ahmad Obeidat ont appelé leurs partisans à boycotter le scrutin.

Les Frères musulmans réclament la révision du découpage des circonscriptions électorales qui avantage, selon eux, les régions rurales, plutôt proches du régime.

Tout comme M. Obeidat, ils dénoncent également le manque de réformes et exigent l'instauration d'un système parlementaire dans lequel le Premier ministre serait issu de la majorité du Parlement, et non plus nommé par le roi.

Le Premier ministre Abdallah Nsour a assuré que ces élections étaient "un pas vers les réformes et non pas la fin des réformes", après avoir voté dans sa ville natale de Salt, au nord-ouest d'Amman.

"Nous avons besoin d'un Parlement qui résolve nos problèmes, améliore nos vie et lutte contre la corruption qui gangrène notre pays", a déclaré à l'AFP Rima Hattar, une enseignante de 32 ans qui a voté à Fuheis, près d'Amman.

Mais selon Oraib al-Rintawi, directeur du Centre Al-Qods pour les études politiques, "ces élections vont aggraver les problèmes au lieu de les résoudre, surtout à cause du boycott. Nous allons voir l'émergence d'un Parlement sans aucun poids politique".

La Jordanie traverse une période économique difficile, avec un déficit budgétaire de 3,6 milliards d'euros en 2012 et un taux de chômage officiel de 14%, mais qui atteindrait 30% selon d'autres sources.

Le Printemps arabe s'est traduit dans le royaume par des manifestations en faveur de réformes et contre la corruption. Elles sont devenues plus importantes, mais aussi plus violentes, en novembre après la décision du gouvernement d'augmenter les prix du gaz et de l'essence.

Alors que 47.000 policiers ont été déployés pour assurer la sécurité du scrutin, la police a fait état d'un bref échange de tirs entre partisans de deux candidats dans l'est d'Amman, sans faire de victime, ainsi que de heurts limités à Karak (sud).

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