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23/01/2013 06:18 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Élections en Israël: Nétanyahou tend la main aux partis centristes

JÉRUSALEM - Affaibli par le résultat du vote de mardi, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a tenté mercredi de sauver son poste en tendant la main à un nouveau parti centriste qui prône des efforts de paix avec les Palestiniens plus vigoureux.

Les résultats de mardi ont fait mentir les sondages, qui permettaient de croire à un virage prononcé vers la droite à un moment où Israël est confronté à une isolation internationale grandissante, à des problèmes économiques de plus en plus importants et à une déstabilisation régionale.

Après le décompte de 99,8 pour cent des voix, les médias israéliens accordent 31 des 120 sièges en jeu au Likoud de M. Netanyahou, un déclin marqué comparativement aux 42 sièges que son parti détenait précédemment. La surprise a été causée par le parti Yesh Atid de l'ancien présentateur de la télévision Yair Lapid, qui a récolté 19 sièges, contre 15 pour le Parti travailliste, 11 pour le parti Shas ultra-orthodoxe et 11 pour un parti favorable à la colonisation.

En bout de compte, le Likoud et ses alliés nationalistes et religieux contrôleraient 60 sièges, contre 60 sièges pour le bloc de M. Lapid. Les résultats officiels ne seront toutefois rendus publics que jeudi matin, et il demeure possible que M. Nétanyahou ne soit pas appelé à former le prochain gouvernement.

M. Lapid a déjà indiqué qu'il acceptera uniquement de joindre les rangs d'un gouvernement déterminé à mettre en place de vastes réformes économiques et à relancer de façon sérieuse les pourparlers de paix avec les Palestiniens, qui ont péréclité pendant les quatre années de pouvoir de M. Nétanyahou.

M. Nétanyahou devrait malgré tout se voir confier la tâche de former le prochain gouvernement puisqu'il dirige le plus important bloc individuel au sein du parlement. Ses rivaux, en revanche, incluent 12 sièges remportés par des partis arabes qui sont traditionnellement exclus des gouvernements de coalition.

M. Nétanyahou a lancé que l'issue du scrutin démontre que «le peuple israélien veut que je continue à diriger le pays» et à assembler «une coalition la plus large possible» pour atteindre trois grands objectifs domestiques: inclure les hommes ultra-orthodoxes dans l'armée, offrir des logements abordables et réformer un mode de gouvernement qui donne souvent un pouvoir démesuré à des partis marginaux.

Il a ensuite affirmé que la coalition devra s'attaquer à «la responsabilité sécuritaire et diplomatique», ce qui a été perçu par certains comme étant une ouverture à M. Lapid, dont la poussée surprenante a porté un dur coup à M. Nétanyahou.

Un membre bien en vue de Yesh Atid, Yaakov Peri, a prévenu mercredi que le parti n'acceptera de se joindre au gouvernement que si les juifs ultra-orthodoxes sont dorénavant assujettis au service militaire obligatoire, que si des mesures sont prises pour abaisser le coût de la vie exhorbitant et que si les négociations de paix sont relancées.