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23/01/2013 06:01 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Le procès de deux graffiteurs tunisiens reporté au 27 mars

Un tribunal de Gabès, au sud-est de la Tunisie, a annoncé mercredi le report au 27 mars de l'examen des poursuites contre deux jeunes qui risquent cinq ans de prison pour des graffiti "portant atteinte à l’ordre public", selon un journaliste de l'AFP.

Les avocats des deux jeunes, Oussama Bouajila, 25 ans, et Chahine Berrich, 23 ans, ont réclamé un non-lieu dans cette affaire, après quoi le juge a prononcé le report du procès sans plus d'explications.

Les deux jeunes, qui appartiennent à un groupe d'art urbain Zwewla (Les pauvres), sont poursuivis depuis novembre pour "propagation de fausses informations portant atteinte à l’ordre public", "atteinte à l'état d'urgence" et détérioration d'un bâtiment public.

Selon les médias, ils ont notamment écrit sur le mur de leur université "La révolution (de 2011) n’est ni celle des laïcs ni celle des islamistes (au pouvoir). Notre révolution est celle des pauvres".

Quelque 200 personnes sont venues manifester leur soutien aux accusés mercredi matin devant le tribunal en scandant "le graffiti est un art pas un crime".

Des altercations sans gravité les ont par ailleurs opposés à des militants du parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement tunisien. La police est rapidement intervenue pour les séparer.

Les islamistes au pouvoir sont régulièrement accusés de pressions sur la presse et des artistes ainsi que d'orchestrer une islamisation rampante de la société.

L'état d'urgence, qui accorde de larges pouvoir aux forces de l'ordre et à l'armée, est en vigueur depuis deux ans et la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali à l'issue d'une révolution dont les causes étaient notamment la misère et le chômage.

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