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23/01/2013 03:10 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Le Mexique ordonne la libération d'une Française condamnée à 60 ans de prison

MEXICO - La Cour suprême du Mexique ont ordonné mercredi la libération de Florence Cassez, une Française qui affirme avoir été injustement condamnée à 60 ans de prison pour enlèvement.

L'affaire Florence Cassez est devenue célèbre en France, et les irrégularités dans son dossier ont refroidi les relations entre les deux pays.

Le président français, François Hollande, s'est présenté à la télévision mercredi soir pour parler du cas de Mme Cassez. «Je veux lui dire qu'elle sera reçue avec tout le soutien nécessaire. (...) Florence, tu es la bienvenue dans ton propre pays», a-t-il dit.

«Et je veux aussi reconnaître le système de justice mexicain parce qu'il a donné priorité à la loi, a ajouté M. Hollande. Aujourd'hui, nous pouvons dire qu'entre la France et le Mexique, nous avons les meilleures relations qu'il est possible d'avoir.»

Les cinq juges de la Cour suprême ont voté à trois contre deux en faveur de la libération de Florence Cassez, à cause des violations des procédures et de ses droits durant son arrestation.

Les juges ne se sont pas prononcés sur sa culpabilité ou son innocence, mais ont estimé que les violations des procédures et de ses droits étaient suffisamment graves pour invalider le verdict de culpabilité rendu contre elle.

«Je suis folle de joie, je ne peux rien dire d'autre, a déclaré sa mère, Charlotte Cassez, jointe en France. J'ai du mal à le croire.»

Florence Cassez, âgée de 38 ans, a été arrêtée en 2005 et reconnue coupable d'avoir aidé son conjoint mexicain de l'époque à diriger un réseau d'enlèvement.

La police mexicaine a admis par la suite avoir mis en scène un raid télévisé dans un ranch près de Mexico pour montrer la libération des otages et l'arrestation de la Française.

Après avoir détenu Florence Cassez secrètement pendant un jour, les policiers l'ont ramenée dans le ranch et l'ont forcé à participer à la mise en scène filmée par les caméras de télévision. Les présentations médiatiques de ce genre sont courantes au Mexique.

Florence Cassez a admis qu'elle vivait dans le ranch visé par le raid, mais assure qu'elle ne savait pas que des victimes d'enlèvement y étaient détenues.

Le juge Arturo Zaldivar a déclaré que «si elle avait été présentée aux tribunaux rapidement et si elle avait eu droit à une assistance consulaire, cette mise en scène n'aurait jamais pu se produire et toute l'affaire aurait été totalement différente».

«C'est un message retentissant en faveur de la justice et du respect des droits de la personne», a déclaré l'un des avocats de Mme Cassez, Agustin Acosta, à l'extérieur du tribunal.

Florence Cassez aura passé sept ans en prison. Selon ses avocats, elle devait être libérée immédiatement et pourrait prendre l'avion pour la France dès mercredi soir.