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23/01/2013 04:27 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Ici Chez-soi de l'ONF: Jim, entre locataires et propriétaires (VIDÉO)

Ici, Chez soi est un documentaire Web de l'ONF dans les coulisses de Chez soi, une grande enquête de la Commission de la santé mentale du Canada pour stopper l'itinérance chronique. Le concept? Donner un toit aux sans-abri.

Trouver un toit pour 300 personnes, c'est le mandat de Jim Kennedy, superviseur de la composante logement pour Chez soi à Toronto. Pour y arriver, il a tissé des liens avec des propriétaires d’immeubles résidentiels et leur a présenté l’approche de l’étude (loger des itinérants et leur offrir des services). Certains ont accepté de louer un appartement à une personne avec un problème de santé mentale qui essaie de se sortir de l’itinérance chronique. L’argument employé par Jim est souvent le même : les participants de Chez soi sont suivis par une équipe de spécialistes, ce qui réduit les dérapages.

Sans Jim et ses collègues partout au pays, loger plus de 1000 personnes en situation d'itinérance chronique aurait été simplement impossible. Pour Jim, la priorité est de trouver un équilibre entre le bien-être des participants et la satisfaction des propriétaires, qui veulent réaliser un profit sans avoir trop de problèmes.

Jim a accepté d'être suivi par le réalisateur Manfred Becker, correspondant torontois du documentaire Web Ici, Chez soi. Devant notre caméra, il rencontre Angelo, un propriétaire résidentiel qui participe au projet, tout en étant conscient des risques auxquels il s'expose. Les locataires paieront-ils le loyer à temps? Dérangeront-ils les voisins en invitant leurs amis de la rue?

Durant le tournage, Jim a aussi visité Ken, propriétaire d'un immeuble de logements-serviceslogements services. Cette approche, reprise rapidement en Amérique du Nord, permet aux locataires de recevoir des services directement chez eux. Ken et ses employés cuisinent les repas des résidents.

Sa femme et lui s'occupent de personnes que personne ne veut loger. Pour eux, c'est une façon de redonner au Canada, puisqu'ils ont émigré ici et ont refait leur vie à Toronto. « S'il est heureux et qu'il ne dérange pas mes employés, je le garde », rappelle Ken, philosophe, à propos d'un participant qui a recouvert les murs de sa chambre avec... du papier peint!

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Très engagé dans le processus

Trouver des propriétaires, puis les convaincre de louer un de leurs appartements à un participant du projet. Coordonner le paiement du loyer avec les locataires. Faire face aux situations fâcheuses, comme des plaintes de voisins ou des évictions. Régler des crises pour éviter que les participants ne retournent dans la rue. Accompagner les occupants afin de les responsabiliser à la vie en appartement.

C'est une tâche monumentale de loger des centaines d'individus qui parfois n'ont même pas de compte bancaire ou de numéro d'assurance sociale. L'inattendu fait partie du quotidien de Jim, qui doit composer avec l'état de santé des participants et les réactions du voisinage.

Le logement est un droit et les employés du projet, comme Jim et la travailleuse sociale Bouchra, en ont l'intime conviction. Les « clients » (une appellation utilisée pour désigner les participants) sont d'ailleurs au cœur de l'approche de Chez soi : ce sont leurs besoins et leurs désirs qui guident le travail de Jim et de son équipe.

Les voisins

Plusieurs préjugés sur les personnes qui tentent de se sortir de l'itinérance chronique persistent, mais pour Angelo, ce qui compte, ce sont les faits. Le propriétaire a confié à Jim qu'il est arrivé que des participants de Chez soi reçoivent chez eux des amis de la rue et que l'affaire tourne mal. Grabuge, bouteilles brisées : des voisins qui portent plainte. Le rôle de Jim et de son équipe est aussi de communiquer avec les travailleurs sociaux qui suivent les participants afin de s'entendre pour trouver une issue à la situation. Dans certains cas, l'expulsion devient inévitable.

Dans le film Évincée, Theresa apprend qu’elle perd son logement après avoir invité des amis à fêter un peu trop fort dans son appartement. Elle annonce la nouvelle à Bouchra, sa travailleuse sociale. Ex-itinérante, Theresa avoue qu'elle ne souhaiterait pas être sa propre voisine! L’employée du projet Chez soi lui assure qu'on lui trouvera un nouveau logement : avoir un toit est un droit et tous les participants du groupe logé doivent être relocalisés s’ils perdent leur appartement.

À Montréal, la propriétaire Valéry trouve plutôt utile que les participants de Chez soi soient accompagnés par des travailleurs communautaires. Cela permet de régler les crises plus facilement. Dans le film 400 enfants, elle parle en terme affectueux de ses locataires; pour cette ancienne ambulancière, la société est gagnante avec une approche comme Chez soi, aide les personnes avec un problème de santé mentale..

Mais, comme le souligne Jim, la majorité des clients souhaitent conserver leur appartement. Angelo a d'ailleurs suffisamment apprécié l'expérience pour louer un toit à sept participants différents. Au-delà de la responsabilité citoyenne, c'est bien sûr la rentabilité de son entreprise qui compte.