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23/01/2013 07:17 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Fuyant les bombardements, des Syriens trouvent refuge dans des grottes

A la merci des raids incessants de l'aviation du régime de Bachar al-Assad, des habitants du village d'Al-Hamama, dans le nord-ouest de la Syrie, ont trouvé refuge dans des grottes creusées naturellement dans des falaises.

"Nous sommes venus ici en raison des bombardements, le régime pilonne en permanence notre village", situé en zone rebelle, explique à l'AFP Abdallah Bedaoui, 32 ans.

"Certains obus ont atterri tout près de ma maison dans le village. L'un a fait exploser toutes les fenêtres et a brisé la porte. C'est à ce moment-là que j'ai décidé d'emmener ma famille et de vivre dans cette grotte", poursuit-il.

M. Bedaoui a construit un mur devant la grotte qui abrite désormais les quinze membres de sa famille, et installé une porte. La fumée d'un réchaud s'échappe au-dehors.

A l'intérieur, ses enfants sont assis sur des tapis. "Ils n'aiment pas être ici. Ils trouvent que ce n'est pas bien, que c'est tout petit et qu'il n'y a pas beaucoup de nourriture", explique le trentenaire.

Sa grotte est l'une des nombreuses creusées dans la paroi rocheuse qui surplombe une rivière.

Beaucoup sont habitées. Des vêtements sont suspendus à des arbustes, tandis que des tapis et des bâches en plastique cachent l'entrée de ces abris auxquels ont accède par des marches rudimentaires creusées dans la roche et le sol.

Trop pauvres pour envisager de fuir en Turquie voisine, ces villageois tenaient également à rester ensemble, avec toute leur communauté.

Souvent, les grottes ne sont occupées que par des femmes dont le mari et les fils sont emprisonnés par le régime qui les soupçonnent d'être des rebelles ou des sympathisants de l'opposition au président Bachar al-Assad.

"Mes trois fils sont en prison depuis neuf mois et je n'ai aucune nouvelle d'eux. Je suis allée demander des informations, mais le régime m'a arrêtée et gardée en prison pendant six semaines", raconte Najah Gafari, 55 ans.

En parlant, elle amoncelle des pierres pour former un mur devant la grotte où elle se prépare à habiter avec des dizaines d'autres femmes et filles de sa famille.

"C'est pour être certain que les enfants ne tombent pas" de la falaise mais aussi pour se protéger des regards, explique-t-elle.

"Nous avons peur que les filles soient également emprisonnées", simplement parce qu'elles viennent de la même famille que les hommes déjà détenus, dit Najah.

"Ici, c'est mieux qu'au village parce qu'on ne voit pas les roquettes. On se sent plus en sécurité", estime-t-elle.

Mais si on ne voit effectivement pas les roquettes depuis son abri de fortune, on entend en permanence le bruit des frappes de l'artillerie sur des bastions rebelles alentour.

Et cette vie dans les grottes pourrait s'éterniser alors qu'aucune issue ne semble en vue pour ce conflit qui fait rage depuis 22 mois et a déjà fait plus de 60.000 morts selon l'ONU.

"Je ne sais pas combien de temps nous allons rester ici. Peut-être deux mois, peut-être cinq, peut-être six. Jusqu'à ce que les bombardements cessent", reconnaît Abdallah Bedaoui.

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