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23/01/2013 02:07 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

CSeries: Bombardier dit tirer les leçons des ratés du Dreamliner de Boeing

DAVOS, Suisse - Le président et chef de la direction de Bombardier (TSX:BBD.B), Pierre Beaudoin, a bon espoir que le premier avion de la CSeries s'envolera en juin, assurant que la multinationale québécoise tire les leçons des difficultés que connaît Boeing avec son 787 Dreamliner.

Mercredi, au cours d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne à Davos, en Suisse, où il participe au Forum économique mondial, M. Beaudoin a assuré que l'assemblage du premier avion test de la CSeries était «très avancé». En fait, les ailes ont été fixées au fuselage de l'appareil et les machinistes terminent actuellement l'installation des trains d'atterrissage.

L'assemblage de deux autres avions tests a également débuté, un autre signe positif. En tout, cinq «véhicules d'essai» CSeries doivent être construits avant la commercialisation de l'avion.

Pierre Beaudoin est lui-même allé constater l'avancement des travaux il y a quelques jours aux nouvelles installations de Mirabel construites spécialement pour la CSeries. Dans l'espoir de faire taire ceux qui s'attendent à un nouveau retard dans le développement de l'appareil, Bombardier vient de publier des photos des avions tests sur son compte Twitter.

Notons que mercredi, le grand patron de Pratt & Whitney, le Québécois Louis Chênevert, a révélé au quotidien Wall Street Journal que l'entreprise américaine avait terminé de tester le moteur qui propulsera la CSeries.

M. Beaudoin est cependant le premier à reconnaître que la mise au point d'un nouvel avion est un processus «extrêmement complexe» et que sa principale préoccupation à l'heure actuelle n'est pas le niveau des commandes, mais plutôt le respect de la date butoir de la fin juin.

Plus tôt ce mois-ci, les autorités américaines ont cloué au sol les avions 787 Dreamliner de Boeing après des incidents impliquant les batteries lithium-ion de deux appareils. Bombardier a toutefois choisi des batteries de la génération précédente pour la CSeries, ce qui réduit les risques.

La structure en matériaux composites du Dreamliner a aussi causé beaucoup de maux de tête à Boeing. Plusieurs éléments de la CSeries, dont le fuselage arrière, sont faits de composites, mais Pierre Beaudoin a soutenu que Bombardier bénéficiait des essais et erreurs de Boeing, notamment par le truchement des fournisseurs, qui ont souvent pour clients plusieurs avionneurs.

«Nous essayons d'apprendre de nos erreurs et de celles des autres, c'est ce que nous faisons depuis le début», a-t-il affirmé.

Retard

Rappelons que Bombardier prévoyait d'abord effectuer le premier vol de la CSeries avant la fin de 2012. Divers problèmes ont toutefois contraint l'avionneur à repousser l'événement de six mois. Bombardier a notamment dû ramener à l'interne la production de certains composants qui avait été confiée à un fournisseur chinois.

M. Beaudoin a nié que l'échéancier «comprimé» qui dicte le développement de la CSeries depuis plusieurs mois déjà puisse nuire à la sécurité de l'appareil. Il a martelé que Bombardier ne tolérait «aucun compromis» sur cette question compte tenu de l'impact néfaste qu'un incident _ voire un accident _ pourrait avoir sur la réputation de l'entreprise.

Le CS100, l'appareil de 110 places de la CSeries, doit entrer en service en juin 2014, soit six mois avant le CS300, qui pourra transporter 130 passagers. La gamme CSeries fait actuellement l'objet d'une centaine de commandes.

Si tout se déroule comme le prévoit Bombardier, la CSeries pourrait générer à terme des revenus annuels dépassant les 5 milliards $ US. Le chiffre d'affaires actuel de l'entreprise, en incluant la division ferroviaire, s'élève à environ 19 milliards $ US.

L'action de Bombardier a clôturé à 4,13 $ mercredi, en baisse d'un pour cent, à la Bourse de Toronto.