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23/01/2013 02:11 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Combative, Clinton défend devant le Congrès sa gestion de l'affaire Benghazi

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a défendu mercredi avec véhémence devant le Congrès sa gestion de l'attaque contre le consulat de Benghazi en septembre dernier et a lancé une mise en garde face au risque terroriste islamiste en Afrique du Nord.

La chef de la diplomatie américaine, qui doit quitter son poste dans quelques jours au sommet de sa popularité, témoignait devant la commission des Affaires étrangères du Sénat où elle a tour à tour réprimé ses larmes et poussé un coup de colère en évoquant la mort de l'ambassadeur des Etats-Unis et de trois autres Américains dans l'attaque terroriste du 11 septembre contre leur consulat en Libye.

"Ce n'est pas une question politique, c'est personnel", a affirmé Mme Clinton, la voix tremblante, racontant avoir "pris dans ses bras" les familles de ses quatre compatriotes lors du retour de leurs dépouilles à Washington il y a plus de quatre mois.

"Le fait est que quatre Américains étaient morts. Quelle différence cela fait-il que cela ait été le résultat d'une manifestation ou parce que des types sont sortis un soir pour aller tuer des Américains?", s'est ensuite emportée la secrétaire d'Etat en tapant du poing sur la table lors d'une audition tendue et hyper-médiatisée.

Car sa toute fin de mandat restera marquée par "l'affaire Benghazi".

L'attentat a déclenché une tempête politique entre les démocrates et les républicains, surtout avant la présidentielle du 6 novembre.

Ces derniers, qui accusent l'administration Obama d'avoir "étouffé l'affaire depuis le début", ont dans le collimateur l'ambassadrice à l'ONU Susan Rice. Cinq jours après l'attentat, elle l'avait attribué à "des manifestants en colère" plutôt qu'à des "terroristes".

"Des gens ont accusé l'ambassadrice Rice et le gouvernement d'avoir trompé les Américains (...) Rien ne peut être plus éloigné de la vérité", a presque crié Mme Clinton face aux républicains, dont le sénateur Rand Paul venait de lui dire qu'elle aurait dû être démise de ses fonctions.

Un rapport officiel en décembre avait brocardé le département d'Etat --tout en épargnant sa patronne-- pour ses "ratés" en matière de sécurité. Le premier adjoint de Mme Clinton, William Burns, avait lui même reconnu que son administration de 60.000 personnes et de 275 postes dans le monde n'avait "pas été à la hauteur".

Le sénateur républicain Bob Corker a fustigé un "ministère sclérosé".

Pour l'une de ses dernières apparitions publiques avant de passer le témoin à John Kerry, Mme Clinton a soigneusement évité l'auto-critique. Celle que le tout-Washington donne candidate à la présidentielle de 2016 et dont un dernier sondage révèle 67% d'opinion favorables a simplement répété "assumer la responsabilité" des conséquences de cette attaque.

Pour sa défense devant le Sénat, elle avait d'abord élargi son propos au risque "terroriste" posé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en Afrique du Nord.

"Benghazi n'est pas survenu dans le vide", avait lancé d'entrée Mme Clinton.

A ses yeux, "les révolutions arabes ont bouleversé l'équilibre des forces dans toute la région (et) l'instabilité au Mali a créé un refuge pour des terroristes qui cherchent à étendre leur influence et à perpétrer davantage d'attaques du genre de celle de la semaine dernière en Algérie".

De fait, la guerre au Mali et la prise d'otages en Algérie nourrissent les craintes des Etats-Unis qui redoutent depuis des mois une déstabilisation de l'Afrique du Nord par Aqmi et ses affidés.

"Après Benghazi, nous avons accéléré notre campagne diplomatique pour augmenter la pression sur Aqmi et d'autre groupes terroristes dans la région", a affirmé Mme Clinton. La menace posée par cette filiale d'Al-Qaïda, perçue jusqu'ici à Washington comme relativement lointaine, a en effet changé de dimension après Benghazi. Les Américains ont pris conscience de la montée en puissance d'Aqmi, renforcée par les prises d'otages et des stocks d'armes libyens détournés après la chute du régime du colonel Kadhafi en octobre 2011.

nr/rap