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22/01/2013 04:38 EST | Actualisé 23/03/2013 05:12 EDT

Verdict et peine pour crimes de guerre: Charles Taylor fait appel

LEIDSCHENDAM, Pays-Bas - Les procureurs ont exhorté mardi les juges à rejeter l'appel de l'ancien président du Liberia reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, soutenant que la justice devrait tenir les «seigneurs de guerre» responsables de leurs atrocités au même titre que les assassins à mitraillette qu'ils soutiennent.

En avril 2012, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) a condamné Charles Taylor à 50 ans d'emprisonnement pour avoir appuyé et encouragé les rebelles du Sierra Leone qui ont perpétré des atrocités pendant la guerre civile.

Charles Taylor devenait ainsi le premier ex-chef d'État depuis la Deuxième Guerre mondiale à être condamné par une cour de justice internationale pour des crimes de guerre. Il a été reconnu coupable de 11 chefs d'accusation, incluant crimes contre l'humanité, viol, torture et exploitation d'enfants-soldats.

Alors que le sexagénaire observait silencieusement les procédures depuis son siège au tribunal, mardi, un de ses avocats a soutenu que les juges qui ont présidé son procès ont fait montre d'une «profonde et fondamentale» incompréhension des notions de «soutien» et d'«encouragement».

Me Christopher Gosnell a en outre comparé les actions de son client à celles d'autres gouvernements qui offrent leur soutien à des groupes rebelles.

Les avocats de Charles Taylor ont mis de l'avant 45 motifs d'appel du verdict et de la sentence.

De leur côté, les procureurs arguent que le TSSL aurait dû reconnaître l'ancien président coupable d'avoir ordonné et initié des actes criminels, ce qui aurait valu à l'homme de 64 ans une sentence de 80 ans.

Cela enverrait un message on ne peut plus clair aux dirigeants qui encouragent et facilitent les massacres, selon Me Nicholas Koumjan, qui a affirmé que ceux-ci étaient «les promoteurs de guerre, les seigneurs de guerre qui veulent vendre des armes aux groupes impliqués dans ces conflits».

Le procureur Koumjan a également soutenu que l'équipe de défense de l'ancien dirigeant tentait d'occulter des années de jurisprudence en alléguant que leur client ne devrait pas être condamné d'avoir soutenu et encouragé la rébellion en échange de diamants extraits illégalement.

Le tribunal a estimé qu'il avait été prouvé au-delà du doute raisonnable que Charles Taylor était pénalement responsable d'avoir aidé et soutenu les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) lors de la guerre civile de 1991-2002, qui a fait quelque 50 000 victimes.

L'ancien président libérien a plutôt fait valoir devant le tribunal qu'il était un homme d'État et un pacificateur en Afrique de l'ouest.

La décision devrait prendre des mois avant d'être rendue.