NOUVELLES
22/01/2013 02:15 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

Tunisie: deux étudiants risquent 5 ans de prison pour des graffiti (Amnesty)

Deux jeunes tunisiens sont poursuivis pour "propagation de fausses informations portant atteinte à l’ordre public" via des graffiti, un délit passible de cinq ans de prison, a indiqué mardi Amnesty international qui dénonce une atteinte à la liberté d'expression.

"Deux activistes tunisiens poursuivis pour leurs graffiti ne doivent pas être emprisonnés pour l'exercice de leur liberté d'expression", a dénoncé l'ONG dans un communiqué, précisant que leur procès doit débuter mercredi.

Oussama Bouajila, 25 ans, et Chahine Berrich, 23 ans, qui appartiennent à un groupe d'art urbain Zwewla (Les pauvres), sont poursuivis depuis novembre pour "propagation de fausses informations portant atteinte à l’ordre public", "atteinte à l'état d'urgence" et la détérioration d'un bâtiment public.

Selon les médias tunisiens, ils ont notamment écrit "La révolution (de 2011) n’est ni celle des laïcs ni celle des islamistes (au pouvoir). Notre révolution est celle des pauvres".

Les islamistes au pouvoir en Tunisie sont régulièrement accusés de pressions sur la presse et des artistes ainsi que d'orchestrer une islamisation rampante de la société.

L'état d'urgence, qui accorde de larges pouvoir aux forces de l'ordre et à l'armée, est en vigueur depuis deux ans et la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali à l'issue d'une révolution dont les causes étaient notamment la misère et le chômage.

"L'état d'urgence ne doit pas être utilisé comme une couverture pour justifier la restriction arbitraire de la liberté d'expression", a relevé Amnesty.

alf/hj