POLITIQUE
22/01/2013 02:47 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

Pauline Marois Nie Avoir Abandonné L'ex-maire Gérald Tremblay Après Le Témoignage De Martin Dumont

In this Dec. 13, 2012 photo, Quebecís new premier, Pauline Marois, delivers the keynote address at the Foriegn Policy Association luncheon in New York. (AP Photo/Bebeto Matthews)
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In this Dec. 13, 2012 photo, Quebecís new premier, Pauline Marois, delivers the keynote address at the Foriegn Policy Association luncheon in New York. (AP Photo/Bebeto Matthews)

QUÉBEC - La première ministre Pauline Marois a rejeté, mardi, toute responsabilité dans la décision de l'ex-maire de Montréal Gérald Tremblay de démissionner, le 5 novembre dernier.

À l'occasion de sa première conférence de presse de l'année à Québec, la première ministre s'est défendue d'avoir poussé M. Tremblay vers la sortie sur la base des révélations aujourd'hui largement discréditées de Martin Dumont devant la Commission Charbonneau.

Mme Marois et les poids lourds du gouvernement péquiste avaient pressé l'automne dernier M. Tremblay de réfléchir à son avenir politique à la lumière des témoignages entendus devant la commission d'enquête, au premier chef celui de Martin Dumont.

L'ancien organisateur politique avait allégué que le maire Tremblay était au courant des pratiques de financement illégales de son parti.

Au terme d'une réunion du conseil des ministres, Mme Marois a nié avoir forcé la main au maire Tremblay pour qu'il quitte ses fonctions.

«M. Tremblay a pris sa décision, nous n'avons pas forcé M. Tremblay à prendre une décision en ce sens-là», a déclaré la première ministre.

Le gouvernement, a-t-elle ajouté, n'a pas «largué» M. Tremblay.

«Nous n'avons pas largué M. Tremblay. Nous, et je ne parle pas en mon nom propre (car) vous savez qu'il y a d'autres membres du gouvernement qui sont intervenus, avons demandé à M. Tremblay de faire une réflexion. S'il avait pris une autre décision, j'aurais respecté sa décision, je peux vous le dire», a-t-elle assuré.

En dépit des errements du témoin Dumont, Mme Marois a réitéré sa confiance envers la Commission Charbonneau, tout en soulignant l'importance d'un travail rigoureux.

«Nous souhaitons que la commission continue de mener ses travaux avec rigueur parce que nous avons besoin de cette commission, nous lui faisons confiance et nous souhaitons que, lorsqu'elle remettra ses résultats, nous pourrons changer un certain nombre de règles du jeu pour éliminer la collusion et la corruption au Québec», a soutenu la première ministre.

Plus tôt dans la journée, deux autres ministres, Sylvain Gaudreault, des Affaires municipales, et Jean-François Lisée, responsable de la Métropole, ont aussi affirmé que l'ex-maire de Montréal devait assumer seul la responsabilité de sa retraite politique précipitée.

D'aucune façon le gouvernement n'a abandonné ou acculé le maire à la démission, ont-ils clamé.

«Je l'ai invité à réfléchir, mais tout le monde a invité le maire Tremblay à réfléchir et il a mené une réflexion qui l'a conduit à prendre cette décision. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, c'est sa décision», a insisté M. Gaudreault.

Que M. Tremblay se soit senti abandonné par le gouvernement du Québec n'émeut pas le ministre des Affaires municipales.

«C'est sa perception», a-t-il répliqué sèchement.

Son collègue Jean-François Lisée, qui avait jugé «intolérable» le statu quo à Montréal peu après les révélations dévastatrices de Martin Dumont, n'entend pas non plus faire acte de contrition.

«On a posé le diagnostic politique que, dans l'état des choses, il (Gérald Tremblay) n'avait plus la crédibilité nécessaire pour mener la plus grande ville du Québec. C'était la bonne lecture des faits et c'est la lecture qu'il a faite», a-t-il soulevé.

Du reste, le seul témoignage de M. Dumont n'est pas à l'origine de l'appel à la réflexion lancé par le gouvernement, a précisé M. Lisée.

«Retournez aux déclarations que j'ai faites au sujet de M. Dumont et je vous disais que, en ce qui concernait l'implication personnelle de M. Tremblay, nous étions en présence d'une seule allégation non corroborée. Ce n'est pas sur cette base que nous lui avons demandé de réfléchir, c'est sur la base de sa capacité politique», a-t-il argué.