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22/01/2013 07:40 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

Les colons de Hébron veulent envoyer trois des leurs au Parlement

Ils ont beau n'être que 700 au milieu de plus de 190.000 Palestiniens, les colons juifs de Hébron espèrent bien voir siéger trois des leurs au Parlement israélien, où ils sont convaincus que leurs intérêts n'auront jamais été aussi bien défendus.

Noam Arnon, porte-parole de la communauté juive de Hébron ne cache pas sa joie de voir ses voisins devenir députés.

"Hébron est un bon endroit pour développer un leadership capable de diriger ce pays et de renforcer les valeurs essentielles du peuple juif", affirme-t-il.

"C'est un jour de fête pour notre petite communauté", ajoute-t-il.

Sur les quelque 700 habitants de l'enclave israélienne dans la plus grande ville palestinienne de Cisjordanie, où ils vivent dans un climat de tension permanente, seuls 281 personnes ont le droit de vote, les autres étant mineurs.

En dehors du bureau de vote, des jeunes distribuent mardi des autocollants pour le parti nationaliste religieux Foyer juif, dont deux candidats, Orit Strock (10e sur la liste) et Hillel Horowitz (12e), devraient, selon les sondages, entrer dans la prochaine Knesset (Parlement, 120 députés).

Deux activistes anti-arabes connus, Baroukh Marzel et Itamar Ben Gvir, qui sont respectivement numéro trois et numéro cinq sur la liste du parti d'extrême droite Otzma LeYisrael, habitent l'un dans la vieille ville de Hébron et l'autre dans la colonie voisine de Kiryat Arba.

Un couple qui a voté accompagné de ses 7 enfants affirme avoir mis dans l'urne le bulletin de Naftali Bennett, dirigeant du Foyer juif, qui a créé la surprise de la campagne, crédité d'au moins 12 sièges selon les sondages, contre trois actuellement.

"Nous sommes fiers que des représentants de notre communauté soient députés et s'investissent autant pour l'Etat d'Israël", explique Myriam Grabowski, son nourrisson d'un mois dans les bras.

De son coté, Daniel Hizmi, un enseignant qui vit depuis 30 ans à Hébron, a choisi de voter pour Otzma LeYisrael, mais reste confiant dans l'avenir de la coalition, qui s'annonce selon lui très à droite.

"Entre le Likoud (du Premier ministre Benjamin Netanyahu), Bennett et Otzma LeYisrael, nous avons de très bons candidats mais je préfère voter pour Marzel, que je connais bien", explique-t-il.

"Les gens de Hébron ont toujours été présents à la Knesset car cette ville a un lien direct avec les dirigeants de ce pays", ajoute-t-il.

Les trois candidats sont allés prier au Caveau des patriarches, lieu saint pour le judaïsme et l'islam, où selon la tradition sont enterrés les patriarches bibliques Abraham, Isaac et Jacob, autour duquel est installé l'enclave.

"Hébron, ce sont les racines, celles qui nous rappellent le lien indéfectible que nous avons avec la terre d'Israël", rappelle M. Arnon.

A ses côtés, Aviva Neeman, 76 ans, une habitante de Tel-Aviv qui a changé son adresse sur sa carte d'identité pour pouvoir voter à Hébron.

"Ma famille a vécu à Hébron pendant des années, avant d'en être expulsée au début du 20ème siècle" sous l'Empire ottoman, explique la septuagénaire.

"Hébron est la terre de mes ancêtres et venir renforcer cette communauté est important pour moi", dit cette électrice du Likoud, pour qui M. Netanyahu "saura conserver au mieux les intérêts de Hébron et des implantations juives sur notre terre".

Côté palestinien, l'humeur est à l'indifférence ou au fatalisme.

"Moi je pense que la Knesset est remplie de racistes, de Juifs extrémistes et de colons. Les résultats (des élections) seront dommageables à la paix avec les Palestiniens et aux Israéliens eux-mêmes", lâche Shadi al-Natsheh, 25 ans, un habitant de la ville arabe.

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