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22/01/2013 11:53 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

Le Premier ministre malaisien hôte du Hamas, qui prévoit une radicalisation en Israël

Le chef du gouvernement du Hamas palestinien à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a dit s'attendre à un "gouvernement encore plus extrémiste" en Israël après les élections de mardi, en accueillant le Premier ministre malaisien Najib Razak.

"Les tendances des élections israéliennes indiquent un changement d'un gouvernement extrémiste vers un autre qui le sera encore plus", a-t-il dit dans une conférence de presse avec M. Razak, arrivé par le terminal de Rafah, à la frontière avec l'Egypte, l'unique accès à Gaza non contrôlé par Israël.

"Cela exige de nous, en tant que Palestiniens, Arabes et musulmans, de définir une stratégie unifiée pour faire face à l'aggravation de l'extrémisme sioniste", a ajouté M. Haniyeh.

Les élections législatives anticipées en Israël devraient reconduire M. Netanyahu à la tête du gouvernement avec une majorité très marquée à droite.

"Nous venons peut-être de plusieurs milliers de kilomètres mais nous sommes une seule Oumma (nation islamique, NDLR) et nous croyons dans la lutte du peuple palestinien", a déclaré le Premier ministre malaisien, dont le pays est majoritairement musulman.

"Nous croyons dans ce gouvernement d'union et nous prions Dieu que les pourparlers soient fructueux et qu'un gouvernement unifié devienne une réalité dans un proche avenir", a-t-il ajouté, en référence aux efforts pour mettre fin à la division entre Gaza et la Cisjordanie, gouvernée par l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas.

La présidence palestinienne, dans un communiqué publié par l'agence officielle WAFA, a "exprimé son rejet et sa condamnation" de cette visite, estimant qu'elle porte atteinte à la représentation palestinienne et augmente la division et elle exige des clarifications du gouvernement malaisien".

"Le Premier ministre malaisien a appelé le président Mahmoud Abbas et lui a dit qu'il allait envoyer des fournitures humanitaires pour Gaza et la Cisjordanie, et rencontrer au Caire une délégation palestinienne, ce qui soulève des interrogations sur ce comportement, qui participe d'un complot pour à diviser la nation palestinienne", selon le texte.

A la tête d'une délégation comprenant son ministre des Affaires étrangères Anifah Aman, M. Najib a posé la première pierre d'une école financée par la Malaisie, visité l'hôpital Al-Chifa de Gaza, le siège du gouvernement détruit pendant l'opération israélienne "Pilier de défense" (14-21 novembre) et celui du Conseil législatif (Parlement).

La délégation a ensuite quitté la bande de Gaza via le terminal de Rafah en milieu d'après-midi.

Le 23 octobre, l'émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, avait effectué une visite historique dans l'enclave palestinienne, devenant le premier chef d'Etat à s'y rendre depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007 aux dépens de l'Autorité palestinienne.

Le Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), présidée par M. Abbas, avait dénoncé cette visite, appelant les pays arabes à "ne pas poursuivre la politique d'établissement d'une entité séparatiste dans la bande de Gaza, qui sert fondamentalement les desseins israéliens".

Le président tunisien Moncef Marzouki est attendu à son tour à Gaza le 9 février, selon des responsables du Hamas.

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