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22/01/2013 04:09 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

La solution au conflit en Syrie n'est "pas humanitaire" (ONU)

Un responsable de l'ONU a affirmé mardi, à l'issue d'une visite de quatre jours en Syrie, qu'il n'y avait "pas de solution humanitaire" au conflit dans ce pays, même si l'organisme international fera tout ce qu'il peut pour aider ceux dans le besoin.

"Le sort du peuple syrien est épouvantable, mais c'est exactement ce à quoi vous pouvez vous attendre après deux ans de conflit implacable. Tellement de gens ont péri, ont été blessés, ont vu leur vie détruite", a indiqué John Ging, le directeur des opérations du Bureau de l'ONU pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha).

"Il s'agit d'un problème politique. Il n'y a pas de solution humanitaire au conflit", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Beyrouth.

"Les organisations humanitaires doivent faire ce qu'elles peuvent pour aider les gens à survivre à tout ça. Mais notre premier appel s'adresse aux dirigeants politiques" à l'étranger.

"Si vous doutez de l'échelle de la tragédie, alors venez et voyez par vous-mêmes. Répondez aux mères, pères et enfants là-bas qui ne voient aucun espoir à l'horizon (...) vous devriez leur répondre sur l'échec politique".

Près de deux ans après le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad, aucune solution politique n'est en vue à la crise, tant les divergences sont profondes au sein de la communauté internationale, entre ceux qui veulent son départ et ceux qui le soutiennent (Russie et Chine).

Lors d'une mission de quatre jours, de hauts responsables des opérations d'urgence des agences des Nations-unies, comme l'Unicef, la FAO ou le HCR, se sont rendus à Deraa (sud), Homs (centre), et dans les environs de Damas, des villes touchées de plein fouet par la guerre civile.

"Notre mission s'est rendue sur une ligne de front hier. Nous avons dû négocier avec le gouvernement et avec les dirigeants de l'opposition, et la bonne nouvelle, c'est que les deux parties se sont engagées au transfert de l'aide humanitaire à chaque fois que besoin", a dit M. Ging.

"Il y a eu en fait un accord de cessez-le-feu lors de notre mission (...) Si cela peut-être fait pendant quatre heures de notre mission, pourquoi cela ne peut être étendu pour le peuple syrien" par les deux parties ?, s'est-il interrogé.

Le représentant de l'Ocha a encore appelé la communauté internationale à augmenter ses dons pour aider les Syriens. Les agences de l'ONU ont besoin de 1,1 milliard d'euros pour aider jusqu'en juin près d'un million de réfugiés et quatre autres millions de personnes affectées par le conflit.

ser/vl/hj