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22/01/2013 06:37 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

La famille d'un journaliste américain enlevé en Syrie demande sa libération

La famille d'un journaliste indépendant américain qui fournissait des vidéos sur le conflit en Syrie à l'Agence France-Presse (AFP) a appelé mardi à sa libération, deux mois après son enlèvement dans le nord du pays.

Selon les témoignages recueillis par l'AFP James Foley, 39 ans, un reporter de guerre expérimenté, a été arrêté le 22 novembre près de la ville de Taftanaz par quatre hommes armés de Kalachnikov, qui ont ensuite relâché son chauffeur et son traducteur. Ses proches sont depuis cette date sans aucune nouvelle de lui.

L'AFP a remis lundi soir à Damas au ministre syrien de l'Information Omrane al-Zohbi une lettre adressée au président syrien Bachar al-Assad lui demandant de l'aide pour retrouver James Foley.

"Je m'adresse à vous afin de solliciter votre aide dans une affaire de nature purement humanitaire", écrit le président-directeur général de l'AFP Emmanuel Hoog dans ce courrier.

"J'ai l'honneur de vous demander d'intervenir en sa faveur et de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour faire la lumière sur son sort et obtenir sa libération, au nom de la liberté d'expression et d'information", poursuit-il.

A la réception de cette lettre, le ministre syrien a promis de faire tout son possible, tout en soulignant que "les conditions étaient difficiles" dans la région où le journaliste a été enlevé.

La famille de James Foley a de son côté demandé toutes les informations possibles sur lui, le décrivant comme un professionnel sans parti pris.

"Il voulait dire au monde entier ce qui se passait en Syrie et il n'avait évidemment aucune intention malhonnête à l'égard de quiconque. Il avait beaucoup de respect et d'attention pour le peuple syrien", a déclaré son père John Foley.

"Nous voulons vraiment que ses ravisseurs se rendent compte qu'il est un journaliste indépendant innocent qui essaie d'être objectif", a-t-il ajouté, soulignant que la famille était reconnaissante pour le soutien qui lui était témoigné, mais aussi frustrée de n'avoir aucune nouvelle de James, et de ne même pas savoir qui le détenait.

"On s'inquiète en permanence de l'état de santé de Jimmy, des conditions dans lesquelles il est détenu, de sa santé mentale et de comment il sera quand il rentrera chez lui --et nous refusons de croire à une autre issue, qu'il ne rentre pas", a-t-il poursuivi.

La famille a créé un site internet (www.freejamesfoley.org) et une page Facebook (www.facebook.com/freejamesfoley).

L'enlèvement de Foley, qui avait fourni des images vidéo à l'AFP depuis mars 2012, n'a pas été revendiqué. La Syrie est le théâtre d'une sanglante guerre civile depuis bientôt deux ans et le début d'une révolte contre le régime de Bachar al-Assad.

Une grande partie du nord de la Syrie est aux mains des groupes rebelles, qu'ils fassent partie de l'Armée syrienne libre (ASL) ou qu'ils soient, pour certains, composés de combattants jihadistes parfois venus de pays étrangers.

James Foley travaillait également pour le site d'information GlobalPost et des chaînes de télévision américaines.

En Libye, en 2011, il avait déjà été détenu pendant 43 jours par les forces loyales au régime de Mouammar Kadhafi.

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