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22/01/2013 01:55 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

Favori des élections israéliennes, Netanyahu s'inquiète

Les Israéliens votaient mardi aux élections législatives qui devraient reconduire le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec une majorité de droite, pour faire face au programme nucléaire iranien et aux pressions pour reprendre les négociations avec les Palestiniens.

Le taux de participation s'établissait à 63,7% à 20H00 (18H00 GMT), plus haut niveau depuis 1999 et en hausse sensible par rapport aux législatives de 2009 à la même heure (59,7%), selon la commission électorale.

Entourés d'un dispositif de sécurité renforcé, les bureaux de vote fermeront à 22H00 (20H00 GMT), heure à laquelle les télévisions doivent diffuser les premières estimations, établies à partir de sondages sortie des urnes.

M. Netanyahu lui-même a voté tôt à Rehavia, quartier de Jérusalem où se trouve sa résidence officielle.

En début de soirée, il a lancé un appel pressant sur sa page Facebook à la mobilisation pendant les deux dernières heures de scrutin en proclamant que le "pouvoir du Likoud est en danger. Je vous appelle à tout laisser tomber et à aller voter Likoud sur-le-champ", a-t-il exhorté.

La radio militaire, sur la base d'estimations encore officieuses, a rapporté que la liste nationaliste religieuse Foyer Juif de Naftali Bennett, proche des colons, sensation d'une campagne terne (jusqu'à 15 sièges selon les sondages) et Yesh Atid, lancé par l'ex-journaliste Yaïr Lapid, avaient "créé la surprise" et compliqueraient la tâche de M. Netanyahu pour former le futur gouvernement.

D'après les ultimes sondages publiés vendredi, la liste très droitière rassemblant le Likoud du Premier ministre et Israël Beiteinou, parti de l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, est créditée de 32 à 35 sièges sur 120 contre 42 dans le précédent Parlement.

A Jérusalem, une enseignante de 32 ans, mère de trois enfants, a expliqué s'apprêter à voter pour Naftali Bennett, millionnaire et ex-officier commando: "Il est fort, et il est religieux mais pas extrémiste".

Daniel, 18 ans, a pour sa part "voté +Bibi+": "Il est plus fort pour le pays, il sait diriger, et en cas de guerre, il fait vraiment du bon boulot".

Nitza Salman, 49 ans, a voté Yesh Atid: "Si Netanyahu doit rester Premier ministre, il faut des gens pour le bloquer, pour le calmer", a expliqué cette mère de quatre soldats en référence à une éventuelle participation centriste à la prochaine coalition.

Mais au centre, le Parti travailliste (16-17), HaTnouha, de l'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni (7-8), et Yesh Atid ne sont pas parvenus à former un front anti-Netanyahu.

A Ramat Gan, près de Tel-Aviv, Adam Williams et sa femme Maya votent tous deux pour le Meretz (gauche), pour prendre date. "Il y aura de nouvelles élections dans deux ans et d'ici là il nous faut une opposition forte", estime le mari.

Tenté par le vote centriste, Shmulik Kaplan, 62 ans, confie avoir voté Likoud, parti de sa "mère défunte".

"J'ai voté pour Livni", a indiqué Zeev David, 62 ans, retraité, à Jérusalem, relevant sa "grande expérience internationale". "L'économie va bien. C'est plus important de se concentrer sur la politique étrangère", affirme-t-il.

Le véritable enjeu reste la composition et la stabilité de la future coalition au pouvoir.

"Si les sondages disent vrai, les difficultés de Netanyahu commenceront ce soir", estime Yossi Verter, expert du quotidien Haaretz, à propos des marchandages avec ses partenaires de droite et d'extrême droite.

Les résultats définitifs ne seront annoncés qu'en début de semaine prochaine. Le président Shimon Peres entamera alors ses consultations afin de déterminer qui a le plus de chances de former la nouvelle coalition.

La Maison Blanche a affirmé qu'elle souhaitait toujours une solution à deux Etats dans le conflit israélo-palestinien, mais a dit attendre de voir quelle serait l'approche du futur gouvernement israélien.

Dans la bande de Gaza, visée en novembre par une opération militaire israélienne, le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a appelé à "une stratégie unifiée" arabo-musulmane pour faire face au "changement d'un gouvernement extrémiste vers un autre qui le sera encore plus".

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