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22/01/2013 06:46 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

Des avions de transport américains se joignent à l'effort de guerre au Mali

SÉGOU, Mali - Des avions américains ont transporté des soldats français et de l'équipement au Mali pour la première fois, a annoncé mardi un porte-parole militaire américain, tandis que les forces françaises et maliennes poursuivaient leur progression vers le nord tenu par des combattants islamistes.

Les militaires français et maliens sont arrivés lundi dans la ville de Douentza, tenue par les islamistes depuis quatre mois. La ville est située à 190 kilomètres de Mopti, l'ancienne ligne de contrôle qui séparait le nord tenu par les jihadistes du sud contrôlé par les forces gouvernementales, dans le centre du pays.

À leur arrivée, les militaires ont constaté que les islamistes avaient déserté la ville, selon un résidant, Sali Maïga.

«L'armée malienne et l'armée française ont passé leur première nuit ici et les gens sont très contents», a-t-il affirmé mardi.

Un couvre-feu est entré en vigueur lundi à 20 h, et aucun coup de feu ni incident n'ont été rapportés durant la nuit, selon M. Maïga.

En septembre, un convoi de camionnettes transportant des hommes barbus était arrivé à Douentza. Dans les mois qui ont suivi, les extrémistes islamistes ont forcé les femmes à porter le voile et ont recruté des enfants âgés d'à peine 12 ans pour en faire des soldats à l'entraînement.

Les forces françaises et maliennes ont aussi repris lundi le contrôle de Diabaly, à environ 196 kilomètres à l'ouest de Mopti, prise par les islamistes la semaine dernière.

La présence de soldats maliens dans les deux villes représente un progrès tangible de la mission menée par la France, qui a commencé le 11 janvier après une avancée des rebelles vers le sud qui menaçait la capitale, Bamako. Mais les experts doutent que les forces maliennes soient en mesure de tenir les villes nouvellement reconquises sans soutien étranger.

L'armée de l'air américaine a déployé cinq avions C-17 à Bamako, qui ont permis de transporter plus de 80 soldats français et 124 tonnes d'équipement jusqu'à maintenant, a indiqué mardi le secrétaire de presse du Pentagone, George Little. L'opération de transport se poursuit, a-t-il dit.

M. Little a précisé que le Pentagone étudiait la demande de la France, qui souhaite que les États-Unis fournissent un appui dans le ravitaillement en vol des avions militaires qui participent à la mission.

Un porte-parole militaire français, le colonel Thierry Burkard, a déclaré que des frappes aériennes sélectives se poursuivaient contre des cibles rebelles. Il a précisé que les combattants islamistes tentaient de se disperser depuis le début des bombardements français, ce qui les rend «moins dangereux» qu'auparavant, a-t-il dit.

Au cours des derniers jours, les avions et les hélicoptères de combat français ont réalisé une dizaine de sorties par jour. La France compte désormais 3150 soldats impliqués dans l'opération Serval au Mali, dont 2150 qui sont actuellement déployés sur le terrain.

Dans une entrevue accordée à Radio France Internationale, le chef de l'armée malienne, le général Ibrahima Dahirou, a déclaré que les frappes aériennes françaises avaient fait toute la différence dans le conflit.

L'armée malienne a maintenant pour objectif de reprendre le contrôle de tout le nord du Mali, a-t-il déclaré. «Si le soutien (aérien) est significatif, il ne faudra pas plus d'un mois pour reprendre Gao et Tombouctou», a-t-il prédit.

Plus de 1000 soldats africains originaires du Nigeria, du Togo, du Bénin, du Niger et du Tchad participent également à l'intervention militaire au Mali. La France espère que ces soldats prendront la relève pour aider les soldats maliens à sécuriser le pays.

Les pays voisins du Mali devraient déployer jusqu'à 3000 soldats à terme.