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22/01/2013 03:42 EST | Actualisé 23/03/2013 05:12 EDT

Crimes contre l'humanité : Charles Taylor en appel

AFP

Le procès en appel de l'ex-chef d'État du Liberia Charles Taylor s'est ouvert mardi devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), qui l'avait condamné à 50 ans de prison en mai dernier pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

La poursuite avait recommandé une peine de 80 ans de prison, ce que la défense de l'ancien président avait jugée « disproportionnée et excessive ».

Estimant que les juges de première instance ont commis des erreurs en droit, tant la défense que l'accusation ont décidé d'interjeter appel du verdict de culpabilité et de la peine imposée.

Le TSSL « devrait tenir pour responsable non seulement ceux qui ont perpétré les crimes, mais également ceux qui les ont soutenus, c'est extrêmement important », a déclaré le représentant de l'accusation à l'ouverture de l'audience publique à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye.

« Ils sont tout aussi importants et cela inclut les seigneurs de guerre qui vendent des armes lors de ces conflits », a poursuivi Nicholas Koumjian.

Inculpé en 2003, le chef d'État du Liberia était soupçonné d'avoir secrètement dirigé les milices rebelles de la Sierra Leone, pays voisin, pendant la guerre civile de 1991 et 2002 pour obtenir le contrôle du commerce des diamants sierra-léonais. Cette guerre a fait au moins 120 000 morts, ainsi que des milliers d'amputés et de personnes violées.

Les juges ont déclaré que M. Taylor avait « aidé et encouragé » une campagne de terreur, mais l'accusation assure qu'ils ont commis une erreur en disant que Charles Taylor avait simplement soutenu les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF). La poursuite avance plutôt que Taylor était le « chef », le « père », le « parrain » des rebelles, à qui il procurait des armes.

La défense, qui prévoit soumettre 45 motifs d'appel, demande quant à elle l'acquittement ou au moins une peine réduite, estimant que les intentions de leur client étaient pacifiques et ne visaient pas à encourager les exactions commises dans le pays voisin.

Charles Taylor, 64 ans, avait plaidé non coupable à toutes les accusations déposées contre lui par le TSSL, qui a été créé pour juger les personnes soupçonnées des massacres, des viols et des amputations ayant eu lieu jusqu'en 2001, durant les 10 ans de guerre civile en Sierra Leone.