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22/01/2013 04:54 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

Benjamin Netanyahu, roi d'Israël au trône ébréché

Sacré le "roi Bibi" par Time, Benjamin Netanyahu, champion de la droite, va sans doute rester sur le trône d'Israël malgré un camouflet électoral inattendu.

Nombre de commentateurs, le considérant comme un Premier ministre "faible", lui prédisaient d'ailleurs un "enfer" après sa réélection.

"Il a manqué à cette campagne un duel sanglant et passionnel qui aurait pu avoir lieu si Netanyahu avait eu en face de lui un adversaire du calibre de son prédécesseur Ehud Olmert", a résumé l'analyste politique Hanan Crystal.

Chacun s'était fait à l'idée que le patron du parti Likoud --"le plus mécanique, +télé-prompté+ et fabriqué des Premiers ministres d'Israël", comme l'a décrit le journal de gauche Haaretz-- serait le prochain chef du gouvernement.

C'est que, sous la direction de ce libéral sans états d'âme, l'économie israélienne est en relative bonne santé, comparée au maelström alentour, et qu'aucun sérieux rival n'a émergé des rangs d'une opposition fragmentée et minoritaire.

Excellent tribun à la carrure ramassée, souvent spirituel, Benjamin Netanyahu s'est imposé sur la scène internationale après un premier mandat controversé (1996-99). Au point de chapitrer le président Barack Obama devant les caméras à la Maison Blanche en mai 2011...

Cet architecte de formation a ébahi l'Assemblée générale de l'ONU l'automne dernier en traçant au marqueur une ligne rouge sur un dessin de bombe prête à sauter pour symboliser la limite à ne pas franchir par l'Iran.

Pourtant, Benjamin Netanyahu, 63 ans, est critiqué pour son caractère indécis (on le dit sous l'influence de sa troisième épouse, Sara) et ses talents d'"illusionniste" prêt à céder sous la pression. Il est pragmatique, répondent ses partisans. Il fut traité de "menteur" par le président français Nicolas Sarkozy lors d'une conversation privée avec Barack Obama en marge d'un G20.

Un ancien patron du Shin Beth, le service de la Sécurité intérieure, Youval Diskin, a dressé un portrait au vitriol du Premier ministre (et de son ministre de la Défense Ehud Barak), à propos du projet qui leur a été prêté d'attaquer l'Iran.

Il a fustigé "un leadership qui prend des décisions basées sur des illusions messianiques". "Ce sont des gens dont je ne voudrais pas qu'ils tiennent le gouvernail lors d'un tel événement", a tempêté M. Diskin.

Petit-fils de rabbin, fils d'un historien ultra-sioniste, Benjamin Netanyahu considère l'Iran comme le nouvel "Amalek", l'ennemi mortel des Hébreux dans la Bible. Il compare la menace nucléaire iranienne et la Shoah.

"Il pourrait s'avérer que le Printemps arabe tourne en un hiver iranien", disait-il à l'AFP en avril 2011.

Proche de l'école néo-conservatrice américaine --il a passé toute sa jeunesse aux Etats-Unis--, celui qui a été le plus jeune des Premiers ministres d'Israël, le premier né après la création de l'Etat en 1948, a une vision pessimiste de l'Histoire.

Pur produit de l'élite ashkénaze qui a fondé l'Etat d'Israël, il est resté marqué par la mort héroïque de son frère aîné, le colonel Yonatan Netanyahu, chef d'une unité d'élite tué lors du raid d'Entebbé (Ouganda) contre un commando pro-palestinien en 1976.

Il ne cesse de pourfendre le "terrorisme international" et "l'extrémisme islamiste".

Faucon naturellement, toujours vague quant à ses intentions avec les Palestiniens, il est hostile à un retrait de Cisjordanie, rejette tout partage de Jérusalem et un Etat palestinien jouissant des attributs de la souveraineté.

Israël ne cédera jamais ni sur sa "sécurité", son maître mot, ni sur sa revendication d'être reconnu comme "l'Etat-nation du peuple juif", répète ce Premier ministre ami des colons.

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