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22/01/2013 11:54 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

Algérie: cinq étrangers toujours portés disparus à In Amenas

Les autorités recherchaient mardi cinq étrangers toujours portés disparus dans l'attaque islamiste contre le complexe gazier d'In Amenas, dans le Sahara algérien, et tentaient d'identifier sept corps carbonisés découverts sur le site.

Il n'y a "toujours pas de nouvelles des cinq étrangers disparus", a indiqué à l'AFP une source sécuritaire sous couvert d'anonymat, après l'assaut final lancé samedi par les forces spéciales contre un groupe islamiste auteur d'une prise d'otages spectaculaire mercredi dans le complexe d'In Amenas (1.300 km au sud-est d'Alger).

Sept des 38 corps de victimes du commando restent à identifier, indiquait lundi le Premier ministre Abdelmalek Sellal en annonçant le bilan des quatre jours de prise d'otages. Le corps d'un seul Algérien figure parmi eux.

Côté assaillants, M. Sellal a fait état de 29 tués et trois arrêtés.

"Deux Algériens et un Tunisien ont été capturés" lors de l'assaut contre le dernier groupe de ravisseurs qui était retranché dans l'usine gazière, a précisé à l'AFP une source sécuritaire qui a requis l'anonymat.

Selon le quotidien arabophone Echourouk, figure parmi les deux Algériens Abou al-Baraa (Abdelkader Derouiche de son vrai nom), donné pour mort jeudi par des sources islamistes.

A la morgue de l'hôpital local, un porte-parole a déclaré à l'AFP qu'il "ne restait plus que les corps des terroristes" dans l'établissement. "Nous ne savons qu'en faire", a-t-il dit.

D'Oslo, on a annoncé l'arrivée à Alger d'experts médico-légaux norvégiens pour contribuer si besoin à l'identification des victimes, cinq Norvégiens étant portés disparus. Trois Britanniques sont présumés morts par Londres. Alors que trois Japonais manquent aussi toujours à l'appel, Tokyo a envoyé un avion pour récupérer sept corps identifiés.

"Le site gazier est tellement grand que nous sommes encore en train de chercher des corps", ont indiqué des sources locales, en référence à la quinzaine d'hectares du complexe.

Sur le plan économique, "les travaux de remise en marche du complexe ont commencé", a-t-on indiqué à Alger de source sécuritaire, alors que l'usine avait été mise en dépression après l'attaque. "Mais il faudra attendre une semaine avant que tout ne rentre dans l'ordre".

Les employés du site -sauf ceux toujours en état de choc- ont été rappelés pour relancer la machine, a indiqué cette source qui a ajouté que des spécialistes d'autres sites y seraient envoyés si besoin.

Les autorités ont en outre "renforcé la sécurité sur tous les sites" d'hydrocarbures et doublé les barrages, a-t-on indiqué de source sécuritaire.

"Désormais, c'est l'armée qui surveille (...) le complexe gazier (d'In Amenas), et pour tous les autres sites du pays, les effectifs des agents de sécurité ont été doublés et l'armement renforcé", a-t-on ajouté.

Debdab, le poste frontalier avec la Libye (210 km au nord-est d'In Amenas), est devenu zone militaire, a-t-on aussi indiqué.

C'est là que vit la tribu de Mokhtar Belmokhtar, "très adulé dans le sud", l'Algérien qui a revendiqué l'attaque. "Ce sont ses cousins qui ont eu des contrats de travail avec BP (qui gère le site avec l'Algérien Sonatrach et le Norvégien Statoil) dans le secteur des transports", ajoute également ce responsable qui a requis l'anonymat. "Les complicités viennent sûrement d'ici".

A Tripoli, une source sécuritaire proche des groupes extrémistes qui fleurissent depuis la fin de l'ère Kadhafi a affirmé qu'une "aide logistique" avait été fournie depuis la Libye.

Alger a indiqué que les ravisseurs étaient entrés par la Libye, en partant du Mali et en longeant la frontière nigérienne. Dans ces régions désertiques, les frontières sont particulièrement poreuses et se prêtent à toutes sortes de trafics, notamment d'armes.

Le président du Sénat algérien, Abdelkader Bensalah, s'est entretenu mardi en Arabie saoudite avec le chef d'Etat tunisien Moncef Marzouki sur une stratégie commune contre les groupes armés extrémistes. Onze Tunisiens figuraient parmi les 32 preneurs d'otages.

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