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22/01/2013 07:59 EST | Actualisé 24/03/2013 05:12 EDT

Accusations de blanchiment: Chypre n'a "rien à cacher" (gouvernement)

Chypre s'est dit mardi prêt "à coopérer" et a affirmé n'avoir "rien à cacher" en terme de blanchiment d'argent, après que le ministre allemand des Finances a affirmé que cette question devait être posée dans le cadre de la demande d'aide financière déposée par Nicosie.

"Les autorités chypriotes, avec transparence, continueront à se concentrer sur cette question et n'ont aucune objection à coopérer avec des organisations ou comités qui traitent de cette question", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Stefanos Stefanou, à la radio publique.

"Nous n'avons rien à cacher concernant ces allégations (de blanchiment d'argent) contre Chypre", a-t-il ajouté.

Nicosie, dont l'économie a été très affectée par la crise grecque, est en discussions depuis juin avec le Fonds monétaire international (FMI), l'Union européenne (UE) et la Banque centrale européenne (BCE) concernant un plan de sauvetage. Elle a estimé avoir besoin de quelque 17 milliards d'euros, dont 10 mds pour renflouer ses banques.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a affirmé dans un entretien publié lundi par Le Monde et la Süddeutsche Zeitung que la lutte contre le blanchiment d'argent devait figurer parmi les réformes demandées à Chypre en échange d'une éventuelle aide internationale.

S'il s'est refusé à accuser clairement le petit pays insulaire de blanchiment "sur la base de suppositions", il a prévenu que Berlin et Paris ne pourraient pas "convaincre" leur opinion d'aider Chypre s'ils ne peuvent pas "prouver que ce sauvetage repose sur des bases saines et convaincantes".

Selon lui, "le secteur bancaire à Chypre est étrangement surdimensionné par rapport à la taille de l'économie" et il y a en outre "étonnamment beaucoup d'argent déposé par des citoyens russes sur les comptes chypriotes, qui retourne ensuite en Russie".

Ces propos semblent confirmer des informations de la presse allemande selon lesquelles l'Allemagne souhaite qu'une mission d'experts enquête sur la question.

M. Stefanou a affirmé dans le passé que Chypre avait "adopté et mis en oeuvre des cadres institutionnels de haut niveau pour lutter contre le blanchiment d'argent, en parfaite ligne avec la législation européenne".

Aucune décision concernant le plan d'aide demandé par Chypre n'est attendue dans l'immédiat, car la zone euro veut attendre l'issue de l'élection présidentielle chypriote, dont le premier tour aura lieu le 17 février.

Bien que Chypre ait déjà mis en oeuvre des mesures d'austérité sévères, visant à économiser plus d'un milliard d'euros comme demandé par la troïka, ses partenaires européens l'ont appelé à engager davantage de réformes.

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