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21/01/2013 03:44 EST | Actualisé 23/03/2013 05:12 EDT

Kurdes assassinées à Paris: des accusations préliminaires sont déposées

PARIS - Des procureurs français ont déposé des accusations préliminaires de meurtre et de terrorisme contre un ressortissant turc qui travaillait comme chauffeur pour l'une des trois militantes kurdes ayant été abattues ce mois-ci à Paris, a annoncé lundi un responsable.

Le suspect, identifié comme étant Omer Guney, âgé de 30 ans, était le chauffeur de la victime la plus connue, Sakine Cansiz, une femme âgée dans la cinquantaine qui a aidé à fonder le Parti des travailleurs du Kurdistan, ou PKK, un groupe rebelle cherchant à obtenir l'autonomie pour les Kurdes turcs. Guney a indiqué à des enquêteurs qu'il avait été membre du PKK pendant deux ans, a précisé le procureur François Molins à des journalistes.

Il existe des preuves «sérieuses et concordantes» démontrant que Guney a joué un rôle dans les meurtres commis le 9 janvier, a dit Me Molins.

Les accusations préliminaires de meurtre en lien avec une opération terroriste et de conspiration en connexion avec une opération terroriste ont été déposées contre Guney, qui est détenu, précise le procureur. Cela pave la voie à une enquête plus complète qui pourrait mener à des accusations officielles, si des preuves suffisantes sont découvertes. Dans le cas contraire, les accusations préliminaires seront abandonnées.

Guney maintient qu'il est innocent.

Le conflit en Turquie entre le PKK et les forces gouvernementales a fait des dizaines de milliers de victimes depuis 1984. Récemment, des responsables turcs ont tenu des négociations avec le PKK afin de persuader les membres de ce mouvement de déposer les armes. Le gouvernement turc a également laissé entendre que des gens opposés à ces discussions auraient pu être impliqués dans les meurtres commis à Paris.

Selon M. Molins, des caméras vidéo révèlent que Guney se trouvait dans le centre communautaire kurde, dans le 10e arrondissement de Paris, le 9 janvier, à l'heure où les meurtres auraient eu lieu selon les enquêteurs, soit entre 12h43 et 13h21. Selon le procureur, dix coups de feu ont été tirés: quatre dans la tête de l'une des victimes, et trois dans les têtes des deux autres.

Aucune arme n'a été retrouvée, mais les enquêteurs sont persuadés qu'une seule arme à feu a été utilisée lors de l'attaque. Les enquêteurs disent d'ailleurs avoir retrouvé, dans la voiture de Guney, un sac qui contenait des traces de poudre, et que la police aurait dit que ce sac aurait pu contenir une arme à feu.

Des preuves vidéo provenant d'un commerce voisin, d'un stationnement et d'ailleurs montrent Guney alors qu'il entre dans le centre avec Mme Cansiz à 11h29. Il quitte ensuite brièvement l'endroit pour retourner à un stationnement adjacent, avant de revenir au centre à 12h11, a dit le procureur. Guney se trouvait dans le centre, où les cadavres ont été trouvés, pendant environ 45 minutes, quittant l'endroit à 12h56, a dit Me Molins.

Lorsqu'il a été confronté à la vidéo prouvant sa présence dans le centre, Guney a tout d'abord dit à la police qu'il avait «oublié» de leur dire qu'il y était retourné. Plus tard, Guney a affirmé que les bandes ont dû être manipulées, selon le procureur.

Les deux autres victimes ont été identifiées comme étant Leyla Soylemez et Fidan Dogan, des militantes kurdes dans la vingtaine.

Plusieurs Kurdes sont arrivés à Paris en provenance de l'Allemagne et de la Turquie pour pleurer la mort des trois femmes.

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