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21/01/2013 01:53 EST | Actualisé 23/03/2013 05:12 EDT

Deux Canadiens impliqués dans l'attaque d'In Amenas, selon Alger

Ansa

Deux des preneurs d'otages qui ont attaqué le complexe gazier d'In Amenas, en Algérie, sont de nationalité canadienne, a confirmé lundi matin le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal.

L'un d'eux était chargé de coordonner l'attaque menée par des combattants islamistes contre l'exploitation gazière, a précisé le premier ministre Sellal lors d'un point de presse, lundi, où il a présenté un nouveau bilan qui fait état de 81 morts, dont une cinquantaine de travailleurs algériens et étrangers.

Le premier ministre n'a toutefois pas précisé si les Canadiens comptent parmi les 29 militants tués lors de l'assut des forces algériennes, ou parmi ceux qui ont été capturés vivants.

Interrogée plus tôt par l'Agence Reuters, une source des services de sécurité algériens a expliqué que ce sont des documents retrouvés sur les corps de deux terroristes morts qui ont permis de les identifier comme étant de nationalité canadienne.

Spécialiste en explosifs

D'après le collaborateur de Radio-Canada à Alger Fayçal Métaoui, l'un de ces deux hommes était spécialisé dans la manipulation d'explosifs.

Ces deux hommes figurent parmi la trentaine de combattants islamistes qui ont attaqué mercredi dernier le complexe gazier d'In Amenas, dans le sud du pays, où les terroristes ont pris des dizaines d'otages jusqu'à ce que l'armée algérienne intervienne en force pour les déloger.

Par ailleurs, au moins 3 des ravisseurs seraient toujours en fuite et activement recherchés par l'armée algérienne. Au moins 3 activistes islamistes auraient aussi été capturés vivants sur le site où travaillaient 790 employés, dont 134 étrangers de 26 nationalités.

Les artificiers de l'armée algérienne poursuivaient lundi leurs recherches dans les installations et les nombreux bâtiments du complexe gazier. Selon la société d'État algérienne Sonatrach, qui gère le complexe avec la compagnie britannique BP et l'entreprise norvégienne Statoil, des mines et des engins explosifs ont été posés partout dans les installations gazières d'In Amenas.

Ottawa au courant

À Ottawa, le ministère des Affaires étrangères a affirmé lundi matin avoir été mis au courant de la possibilité que des Canadiens figurent parmi les preneurs d'otages.

« Nous sommes au courant que des Canadiens pourraient avoir été impliqués dans la prise d'otages en Algérie. Nous suivons de près toutes les sources appropriées afin d'en apprendre davantage et nous demeurons en contact étroit avec les autorités algériennes », a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Canada.

« Le Canada condamne dans les termes les plus forts cette attaque déplorable et lâche et tous les groupes terroristes qui tentent de créer et de perpétuer l'insécurité au Sahel, en Afrique de l'Ouest. » — Christiane Roy, porte-parole du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada

Un lourd bilan

Selon un bilan livré lundi matin par le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, 37 étrangers de huit nationalités différentes ont trouvé la mort au cours de la prise d'otages.

Cinq autres personnes sont toujours portées manquantes, selon Alger. De nombreux otages étrangers ont été exécutés d'une balle dans la tête par leurs ravisseurs, a annoncé lundi le premier ministre algérien Abdelmalek Sellal.

Le nombre total d'otages tués sur le site gazier d'In Amenas depuis mercredi dernier est de 52, après la découverte dimanche des corps de 25 à 30 otages supplémentaires.

Le nombre total de tués, en comptant les 29 preneurs d'otages morts lors de l'assaut des forces algériennes, s'élève à 81, selon le gouvernement algérien.

Selon le premier ministre Sellal, les 32 preneurs d'otages provenaient bel et bien, comme ils l'avaient affirmé, du nord du Mali. Le commando était dirigé par un Algérien, a ajouté M. Sellal lors d'un point de presse, lundi matin.

Outre le Canada, les terroristes islamistes provenaient d'Égypte, du Mali, du Niger, de la Mauritanie et de la Tunisie, a précisé le premier ministre algérien.

Depuis le début de la prise d'otages, l'Algérie s'était gardée de révéler la nationalité des victimes étrangères, laissant cette tâche aux gouvernements concernés.

Le premier ministre David Cameron a annoncé que trois Britanniques et un résident du pays ont été tués dans la prise d'otages. Trois autres Britanniques sont disparus et vraisemblablement morts, a-t-il ajouté.

Le Japon a annoncé que 10 de ses ressortissants manquaient à l'appel. Neuf d'entre eux ont été exécutés dès mercredi par les ravisseurs, selon l'Agence France-Presse, qui cite deux otages algériens témoins de la scène.

Six Philippins ont été tués et quatre autres sont portés disparus, selon le gouvernement philippin, alors que la Norvège compte cinq morts, et la Malaisie, deux. Des citoyens français, américains et roumains avaient déjà été déclarés morts.

La prise d'otages a été orchestrée en représailles à l'opération en cours au Mali, où des troupes françaises, maliennes et ouest-africaines tentent de repousser des rebelles islamistes qui ont pris le contrôle du nord du pays. L'Algérie a autorisé les avions de chasse français à survoler son territoire pour se rendre au Mali.

La brigade des Moulathamine (Ceux qui signent avec leur sang) de Mokhtar Belmokhtar, l'un des chefs historiques et fondateur d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), affirme avoir mené cette prise d'otages. L'organisation menace de mener de nouvelles attaques contre les pays qui soutiennent l'intervention militaire française au Mali.

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