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21/01/2013 03:30 EST | Actualisé 23/03/2013 05:12 EDT

Des responsables de l'ONU se rendent en Syrie pour y promettre d'"agir"

Des dirigeants de l'ONU, qui ont bravé les combats pour se rendre dans plusieurs villes syriennes, ont promis une opération humanitaire de grande ampleur en Syrie, brisée par près de deux ans d'un conflit sanglant et destructeur.

"En Syrie, cela doit être une grande opération humanitaire, c'est ce que la population attend de notre mission", a affirmé lundi à l'AFP John Ging, le directeur des opérations du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA).

Accompagné de très hauts responsables des opérations d'urgence des agences des Nations-unies, comme l'Unicef, la FAO ou le HCR, il s'est rendu à Deraa, dans le sud de la Syrie, à Homs dans le centre, et à Talbissé, une localité proche et assiégée par l'armée depuis des mois. Toutes ces villes subissent les affres de la guerre civile.

"Nous ne sommes pas venus ici pour exprimer notre sympathie, notre empathie, ou notre solidarité. Nous sommes venus pour agir, pas pour parler, et les Syriens en seront juges. Tel est notre défi", a-t-il expliqué.

Commencé en mars 2011 par une contestation pacifique contre le régime de Bachar al Assad, le mouvement s'est transformé en conflit armé qui a fait selon l'ONU au moins 60.000 morts.

Recevant les responsables onusiens dans son bureau dont les vitres tremblent au son des bombardements intensifs contre la localité de Soultaniyé, où se trouvent des rebelles, le gouverneur de la province, Ahmad Mounir Mohammad, a regretté que l'ONU agisse avec beaucoup de retard.

"Nous sommes contents de vous recevoir même si vous arrivez bien tard. Ce retard doit être imputé à des questions politiques, car sinon je suis sûr que vous auriez agi plus rapidement", a-t-il lancé, faisant allusion à la politique hostile de pays occidentaux à l'égard du régime.

Puis il a posé ses conditions: la "souveraineté de la Syrie doit être respectée, les opérations doivent être menées en dehors de toute politisation, et l'aide doit être distribuée en priorité aux deplacés en Syrie plutôt qu'aux camps de réfugiés dans les pays voisins".

"Notre mission est claire: il y a beaucoup à faire, c'est urgent et nous voulons mieux comprendre comment nous pouvons répondre aux attentes du peuple afin d'apporter une assistance humanitaire rapide et efficace loin de la politique", a répondu lors de la réunion M. Ging.

Car l'ONU suscite le mécontentement tant de la part des partisans que des opposants du régime. Les premiers reprochent au Conseil de securité de ne pas condamner l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie qui aident selon eux les opposants armés. Les seconds fustigent la paralysie de l'organisation internationale en raison du refus de la Russie et de la Chine de condamner le régime.

En outre, si les agences de l'ONU agissent, leur action est trop faible face à l'ampleur de la crise humanitaire. Dans le camp Palestine, à Homs, visité par l'Onu, une femme clame sa colère.

"Nous avons entendu parler d'aide mais nous n'avons rien vu. Nous n'avons rien reçu, à part du riz pourri. Depuis trois à quatre mois, nous n'avons pas une goutte de mazout, il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas de medicament et je ne peux pas cuisiner avec des buches", s'exclame Oum Mohammad.

A Talbissé, des habitants ont écrit à la peinture sur un véhicule: "UN=0"

"J'accepte toutes les critiques sur le fait que nous n'avons pas fourni assez. Notre appel de 590 millions de dollars pour nos programmes n'ont été financés qu'à 50%, donc nous n'avons pu fournir que la moitié des demandes. Les critiques sont valides, notamment de la part de ceux qui attendent de l'aide. C'est pour cela que nous sommes là", a expliqué M. Ging.

Il a également appelé à la fin du conflit. "Nous appelons les Syriens à cesser de détruire leur pays et de tuer ou blesser d'autres Syriens. Hors de Syrie, nous appelons les pays qui ont une influence sur ce conflit, à mettre fin au conflit".

sk/cnp