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21/01/2013 08:41 EST | Actualisé 23/03/2013 05:12 EDT

Barack Obama prête le serment d'office et annonce un audacieux plan d'action

WASHINGTON - Le président Barack Obama a prêté le serment d'office pour la deuxième fois en autant de jours, lundi, cette fois devant quelque 800 000 citoyens en liesse qui ont acclamé son vibrant appel à l'unité et à la lutte pour les principes chers aux Américains que sont la justice et l'égalité.

La fastueuse cérémonie publique, lors de laquelle la chanteuse vedette Beyonce a interprété l'hymne national, s'est tenue devant le majestueux édifice du Capitole le jour même de la fête nationale en hommage au leader des droits civiques, Martin Luther King.

L'épouse de Medgar Evers, un autre ex-leader des droits civiques abattu par balles, a livré un discours lors de la deuxième cérémonie d'assermentation du premier président afro-américain de l'histoire du pays.

Myrlie Evers-Williams a parlé de «témoins — invisibles à l'oeil nu, mais autour de nous tous — reconnaissants que leur vie n'aura pas été inutile».

Le président Obama a fait l'étreinte à son épouse et ses deux filles, devant une foule qui a bruyamment manifesté son approbation après qu'il eut prêté le serment d'office.

Il s'est ensuite lancé dans une vibrante allocution longue de 19 minutes, qui a permis d'étaler les priorités de son administration. M. Obama n'a pas craint d'aborder certains des dossiers les plus controversés actuellement aux États-Unis, incluant une réforme de l'immigration, le contrôle des armes à feu, les changements climatiques et le mariage entre personnes de même sexe.

«Notre épopée ne sera pas complète tant et aussi longtemps que nos épouses, mères et filles ne seront pas compensées également pour leurs efforts», a-t-il déclaré, provoquant une effusion d'applaudissements.

«Notre épopée ne sera pas complète tant et aussi longtemps que nos frères et soeurs homosexuels ne seront pas traités comme tout le monde selon la loi — car si nous avons tous été créés égaux, il faut donc que l'amour que nous donnons à notre prochain soit égal, aussi.»

Plusieurs observateurs étaient d'avis que jamais, auparavant, un président américain n'avait parlé droits des homosexuels dans son discours inaugural.

M. Obama a également fait allusion à la privation des droits de votes des électeurs, un problème particulièrement présent parmi les électeurs d'origine afro-américaine en Floride, quand arrive le mois de novembre.

«Notre épopée ne sera pas complète tant et aussi longtemps que des citoyens seront forcés d'attendre pendant des heures pour exercer leur droit de vote, a-t-il promis. Notre épopée ne sera pas complète tant et aussi longtemps que nous n'aurons pas trouvé une meilleure façon d'accueillir les immigrants ambitieux et pleins d'espoir qui voient toujours l'Amérique comme une terre d'opportunité.»

Après que M. Obama eut réintégré l'intérieur de l'édifice du Capitole, à l'issue de son discours, il s'est retourné et a regardé en direction de la foule, visiblement ému.

«Je veux jeter un coup d'oeil une dernière fois», a-t-il dit à sa femme et ses filles, s'arrêtant pour bien voir les centaines de milliers de citoyens qui s'étaient déplacés pour lui manifester leur appui.

«Je ne reverrai plus une telle scène.»

Dimanche, M. Obama avait été assermenté par John Roberts, juge en chef de la Cour suprême des États-Unis, dans le cadre d'une cérémonie privée à la Maison-Blanche. Il en a été ainsi parce que la Constitution exige que les présidents soient assermentés le 20 janvier; si cette journée coïncide avec un dimanche, le volet public des festivités est présenté le lendemain.

Sonia Sotomayor, que M. Obama a nommée à la Cour suprême, a procédé à l'assermentation du vice-président Joe Biden, lundi, devant un président rayonnant.

M. Roberts qui, fameusement, avait erré pendant le serment d'office en 2009, n'a fait aucun faux pas cette fois-ci; en fait, c'est le président qui a brièvement trébuché en prononçant les mots «United States».

Pendant le déroulement des festivités sur Capitol Hill, des centaines de personnes s'étaient réunies non loin, à l'ambassade canadienne afin d'assister à cet événement historique. La fête, tenue au 501 de l'Avenue Pennsylvania et organisée par l'ambassadeur Gary Doer, se voulait l'un des événements les plus courus dans la capitale américaine, compte tenu de sa proximité avec l'édifice du Capitole.

La vue du patio, sur le toit donnant sur le sixième étage de l'édifice, est spectaculaire.

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, et certains dignitaires américains se trouvaient parmi les spectateurs, dégustant des queues de castor, de la poutine, des cafés d'une grande entreprise canadienne et des cocktails, parmi certaines traditions canadiennes.