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21/01/2013 02:34 EST | Actualisé 23/03/2013 05:12 EDT

Après les politesses, les républicains préparent la bataille contre Obama

Excellent sur la forme, mais loin de résoudre les tensions sur le fond. Pour les adversaires républicains du président, le discours d'investiture de lundi annonce une politique plus marquée à gauche, malgré les appels traditionnels au consensus.

"Excellent discours, très bonne exécution", admet dans un sourire l'ancien candidat républicain à la présidentielle de 2008 John McCain, dans les couloirs du Capitole où, comme les autres sénateurs, il s'est réfugié du froid quelques minutes après la fin de la cérémonie.

Mais, dit-il à l'AFP, "il n'y a eu que très peu de main tendue à l'autre camp".

"C'est le huitième (discours d'investiture) auquel j'assiste, et chacun d'eux comportait un passage où ils expliquaient qu'il était temps pour les républicains et les démocrates de travailler ensemble", ajoute-t-il, presque agacé de devoir commenter les appels à l'unité du président.

En 2008, sa campagne avait produit une publicité moquant Barack Obama comme un excellent orateur, et "la plus grande célébrité du monde".

Plus loin, l'ancien président de la Chambre, Newt Gingrich, s'amuse à lancer des fleurs à Barack Obama, auteur d'un très bon texte, même s'il le trouve un peu court.

Mais l'aile droite des républicains n'a pas tardé à critiquer les chantiers annoncés par Barack Obama pour le mandat qui s'ouvre, notamment la réforme de l'immigration, la défense des programmes sociaux et le changement climatique.

"Il va pousser le pays à gauche, et nous allons faire en sorte de le ramener à droite", lance Tim Scott, un nouveau sénateur proche des ultra-conservateurs du "tea party", à plusieurs journalistes alors que le président s'apprête à déjeuner, un étage au-dessus. "On va assister à une lutte acharnée".

Beaucoup admirent l'"élégance" du président, à l'instar de Jeff Sessions, un sénateur de l'Alabama (sud). Mais rien n'y fait, "le président affirme sans équivoque qu'il croit que l'Etat est bon, qu'il doit être renforcé, qu'il doit plus réglementer, et que plus d'Etat pousse l'innovation et la prospérité. A ce stade de l'histoire, je ne peux pas être d'accord", conclut-il.

La plupart des élus n'ont pas publiquement réagi, au-delà de tweets ou de communiqués de félicitations, mais les débats des prochaines semaines leur en donneront pleinement l'occasion. Dès mardi, le Congrès débattera du relèvement du plafond de la dette, et les premiers textes sur les ventes d'armes pourraient être déposés.

ico/are