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21/01/2013 08:00 EST | Actualisé 23/03/2013 05:12 EDT

Alors qu'Israël va aux urnes, peu de citoyens parlent de paix avec la Palestine

JÉRUSALEM - Benyamin Nétanyahou semble destiné à être réélu à titre de premier ministre d'Israël mardi, un scénario issu de l'échec de ses rivaux à s'unir derrière un candidat viable, et du fait que la plupart des Israéliens ne semblent plus croire qu'il est possible d'en arriver à un règlement de paix avec les Palestiniens.

Cette prédiction largement répandue que M. Nétanyahou l'emportera circule malgré son sombre dossier: il n'y a aucun processus de paix, le pays est de plus en plus isolé sur le plan diplomatique, l'économie tourne au ralenti, et son principal allié a été forcé de démissionner de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères en raison d'allégations de corruption.

Néanmoins, M. Nétanyahou est parvenu à convaincre de nombreux Israéliens qu'il se veut une alternative respectable grâce à son expérience, sa ténacité et ses talents de communicateur, autant en hébreu, sa langue natale, que dans un anglais américain impeccable.

De plus, l'opposition lui a fait un cadeau. Des disputes constantes parmi plusieurs partis du camp modéré ont fait de ce scrutin le premier en plusieurs décennies sans deux rivaux bien définis aspirant à devenir premier ministre.

Même les adversaires de M. Nétanyahou ont laissé entendre que son triomphe est inévitable.

Yossi Sarid, un ancien ministre reconnu pour ses positions de compromis et maintenant chroniqueur pour Haaretz, l'un des quatre grands quotidiens du pays, soutient que ses rivaux sont divisés.

«Il en bénéficie par défaut», a-t-il déclaré lors d'une entrevue à l'Associated Press.

La confusion et le désespoir qui caractérisent, actuellement, la question des pourparlers de paix avec les Palestiniens ont fait perdre aux modérés leur traditionnel objectif de campagne.

De nombreux Israéliens sont désillusionnés à la suite du retrait unilatéral d'Israël de la bande de Gaza en 2005, qui a mené à des années de violence. D'autres croient qu'Israël a déjà présenté ses meilleures offres, toutes rejetées, et en concluent qu'il est impossible de rencontrer les demandes minimales de la Palestine.

L'ancien premier ministre Ehud Olmert a dit, en 2008, avoir offert aux Palestiniens environ 95 pour cent de la Cisjordanie et d'autres territoires en Israël dans un «échange de terres». Il dit avoir également offert un contrôle conjoint de Jérusalem, incluant ses lieux saints. Les Palestiniens ont remis en question certaines des affirmations de M. Olmert et laissé sous-entendre qu'ils ne pouvaient conclure une entente avec un leader qui, à l'époque, était perçu comme un «canard boiteux».

«La paix est inaccessible parce que nous avons déjà tout essayé. Toutes les options ont été épuisées. Il semble qu'ils ne veulent pas faire la paix», a observé Eli Tzarfati, un résidant de Migdal Haemek, une ville du nord.

«Peu importe ce que vous leur donnez — ça ne sera pas suffisant.»

M. Tzarfati semble avoir exprimé une opinion qui fait consensus.

Un sondage mené la semaine dernière en Israël par le New Wave Polling Research Institute révèle que 52 pour cent des répondants appuient l'érection d'un État palestinien en bordure d'Israël dans le cadre d'un accord de paix. Cependant, 62 pour cent disent ne pas croire que le président de l'Autorité de la Palestine, Mahmoud Abbas, est le partenaire nécessaire pour réaliser la paix — et un nombre identique croit qu'il est impossible d'en arriver à un accord.

Le sondage a questionné 576 personnes et sa marge d'erreur est de 4,1 pour cent.