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20/01/2013 03:41 EST | Actualisé 22/03/2013 05:12 EDT

PLQ: Moreau plaide pour une commission d'enquête permanente contre la corruption

QUEBEC - Pour en finir avec la corruption, le candidat à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ), Pierre Moreau, veut rendre permanente la Commission Charbonneau.

M. Moreau et les deux autres aspirants inscrits dans la campagne au leadership, Raymond Bachand et Philippe Couillard, ont tous promis de laver plus blanc que blanc dimanche au cours du deuxième débat des candidats, à Québec.

Mais comme il l'avait fait lors du premier débat — en remettant en question le réseau des cégeps — M. Moreau a sorti un lapin de son chapeau en suggérant de rendre permanente une structure d'enquête publique sur la corruption.

«Il faut non seulement que son mandat soit élargi (la Commission Charbonneau), il faut aussi que son mandat devienne permanent, comme cela se fait ailleurs comme à Singapour ou à Hong Kong», a-t-il dit.

Alors que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) continuerait de traquer les criminels, la commission permanente serait appelée à siéger sporadiquement pour exposer les «stratagèmes» utilisés pour défier la loi, a expliqué M. Moreau pendant le débat.

Au fil des ans, six commissions d'enquête ont été lancées au Québec avec le mandat de débusquer la corruption et les corrupteurs, a relaté l'ex-ministre des Transports devant quelques centaines de militants _ dont plusieurs députés et du personnel politique _ réunis au cégep de Limoilou.

Une commission permanente permettrait, selon lui, d'éviter que tout le travail ne soit à recommencer dans quelques années.

«Tout semble toujours à recommencer, c'est pour ça qu'il faut avoir une commission permanente pour faire en sorte que lorsque les policiers auront des preuves suffisantes, on ira au criminel, sinon on ira à la commission pour établir les stratagèmes», a-t-il fait valoir.

La proposition du député de Châteauguay a été jugée «prématurée» par ses adversaires, mais le ton des échanges est resté fort poli.

En faveur d'un élargissement du mandat de la Commission Charbonneau au secteur municipal, l'ancien ministre de la Santé a dit néanmoins trouver l'idée «intéressante».

Quant à lui, M. Bachand s'est montré beaucoup plus réservé, rappelant que les commissions d'enquête peuvent aussi entacher la réputation d'honnêtes gens.

Une commission d'enquête permanente n'est peut-être pas «la bonne solution», a estimé l'ancien ministre des Finances en point de presse à l'issue du débat.

«C'est très prématuré parce qu'une commission d'enquête a aussi des inconvénients, on le voit, sur la réputation des gens. Il faut que les corps policiers fassent leurs enquêtes (...) Moi, ma priorité, c'est que les bandits aillent en prison, une commission d'enquête ça ne met personne en prison», a-t-il poursuivi.

Sur le plan constitutionnel, les trois candidats ont vanté sans réserve les vertus de l'appartenance du Québec à l'ensemble canadien.

M. Bachand, dont les convictions fédéralistes sont parfois mises en doute par ses rivaux et par des militants à cause de son passé péquiste, a affiché la foi du converti.

«J'ai toujours défendu les intérêts du Québec, oui dans les années 1970 avec René Lévesque, mais depuis 30 ans j'ai fait le même cheminement que bien des Québécois. Le monde a changé, le Québec a changé, le Québec a réalisé des progrès sociaux, économiques, culturels formidables depuis la Révolution tranquille et on l'a fait au sein du Canada», a-t-il insisté.

Cependant, MM. Bachand et Moreau ne voient aucune urgence à reprendre les pourparlers avec Ottawa pour que le Québec intègre le giron constitutionnel.

«Moi, mon énergie comme premier ministre du Québec, va être consacrée à bâtir l'économie et à défendre les intérêts du Québec», a d'ailleurs signifié M. Bachand.

M. Moreau a pour sa part fait remarquer que la signature ou non de la constitution canadienne ne change rien au quotidien des Québécois.

«Oui, le Québec doit signer la constitution et va devoir le faire un jour. Mais les Québécois réalisent qu'aujourd'hui, malgré la situation actuelle, il n'y a pas d'impact pratique au fait de ne pas avoir signé la constitution. Un Québécois a les mêmes droits que quelqu'un qui habite en Saskatchewan ou en Alberta», a-t-il soulevé.

Parmi les trois aspirants, seul M. Couillard a dit vouloir poser des gestes concrets pour ramener, éventuellement, le Québec à la table des négociations constitutionnelles.

«Comme on dit, lorsque le fruit sera mûr, mais parfois, il faut le faire mûrir soi-même le fruit parce qu'on peut attendre longtemps. Et la façon de le faire mûrir, c'est d'avoir cette conversation entre nous et présenter au Canada et au monde ce qui caractérise notre diversité et notre spécificité», a-t-il déclaré, sans expliciter davantage son plan de match.

Le prochain débats des candidats (en anglais cette fois) aura lieu samedi prochain à Montréal.