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20/01/2013 05:17 EST | Actualisé 22/03/2013 05:12 EDT

LNH - Avec la reprise du hockey, les tavernes canadiennes revivent enfin

Cela faisait un bon bout de temps que Justino Verrilo n'avait pas été aussi occupé à la caisse. Patron d'un bar sportif de la Petite Italie à Montréal, il se réjouit de la fin du lock-out de la Ligue nord-américaine de hockey (LNH) car les clients sont enfin de retour.

La saison a finalement pu débuter samedi, avec trois bons mois de retard, après le conflit social majeur qui a opposé les hockeyeurs à leurs employeurs, les propriétaires des trente équipes de la Ligue.

Les conséquences du lock-out ont été lourdes au Canada, pays ou le hockey est une religion. Chaque équipe jouera 34 matches de moins que lors d'une saison normale et les commerçants le ressentent au portefeuille.

"C'est une perte de 2000 dollars par semaine", résume Justino Verrilo au comptoir de son bar. Le lock-out a ainsi entraîné un manque à gagner de près de 25.000 dollars à son établissement, le Bruno Sport.

Avec la reprise, les supporters sont de retour. Quand la +rondelle+ est tombée pour la première fois de la saison partout en Amérique du nord, toutes les tables étaient occupées au Bruno Sport, soit environ 80 personnes.

"C'est tout le temps plein quand il y a du hockey, déclare le patron, fine moustache et petites lunettes rondes. Sans hockey, les gens ne sortent pas".

Joueurs et propriétaires se sont principalement déchirés sur la question du partage des quelque trois milliards de dollars de revenus engendrés par la Ligue, ce qu'une partie du public a pris pour une "chicane (dispute) entre millionnaires". Mais beaucoup ont rapidement mis au placard leur rancoeur et la popularité du sport national ne devrait pas pâtir du conflit social.

"Le Canadien de Montréal a ici une côte d'amour à toute épreuve", analyse Erik de Pokomandy, ex agent de joueurs devenu spécialiste du marketing sportif.

Le bilan s'annonce en revanche plus difficile pour les restaurants, bars et autres entreprises dont l'activité bat au rythme des matches.

A Montréal, la facture va être particulièrement lourde pour Geoffrey Molson le propriétaire du Canadien, la mythique franchise 24 fois championne.

Ce Québécois est l'héritier de la riche famille Molson, qui possède Molson Coors, septième brasseur du monde, dont le fond de commerce est le hockey.

Le titre de la société, côté à New York et Toronto a plongé de 14% pendant le lock-out. Elle a depuis refait ses pertes. Mais entre les tonnes de bières, les produits dérivés et loges corporatives qui n'ont pas été vendus les soirs de matches annulés, le manque à gagner est faramineux, selon Erik de Pokomandy.

Chez Molson Coors, on préfère regarder vers l'avant: "Le retour des activités de la LNH est une excellente nouvelle et est de bonne augure pour la commercialisation de nos produits", déclare, laconique, un porte-parole.

Autre grande victime collatérale du lock-out, la chaîne de restaurants +La Cage aux sports+, qui attire les fans de hockey par centaine dans sa cinquantaine de franchises au Canada avec ses plats gras à bons marchés.

Son chiffre d'affaire a reculé au dernier trimestre 2012 de 10% en raison du conflit dans le hockey, vient d'indiquer la société.

Mais selon M. de Pokomandy, "le grand perdant reste la LNH": "Déjà incapable de rivaliser avec le football américain, le base-ball ou le basket aux Etats-Unis, la Ligue va avoir d'autant plus de difficultés à se développer dans ce pays, où nombres de patinoires étaient déjà vides avant le lock-out".

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