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20/01/2013 10:28 EST | Actualisé 22/03/2013 05:12 EDT

Irak: Bagdad et Erbil se renvoient la responsabilité de la crise politique

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et le dirigeant de la province autonome du Kurdistan se sont renvoyés dimanche la responsabilité de la crise politique que connaît le pays, en proie depuis plusieurs semaines à d'importantes manifestations anti-gouvernementales.

Les relations entre le Kurdistan autonome et le gouvernement fédéral de Bagdad sont déjà tendues en raison de revendications territoriales et de différends sur des contrats pétroliers.

"Le gouvernement fédéral (...) a aggravé la crise avec ses négligences et ses menaces qui ont eu des conséquences dangereuses, et la non application de la Constitution et les accords", a estimé le dirigeant kurde, Massoud Barzani, dans un communiqué publié tard samedi.

"Depuis longtemps, l'Irak traverse une crise importante en raison de la négligence des services (proposés) aux citoyens (...)", a-t-il ajouté.

Il a apporté son soutien aux "demandes légitimes" des manifestants qui protestent, dans les régions majoritairement sunnites du pays, contre le gouvernement Maliki, dominé par les chiites.

M. Maliki a réagi dimanche se disant, dans un communiqué, surpris des propos du dirigeant kurde "révèlent un désir d'empêcher le dialogue au sein de la population irakienne et ses composantes, et de relancer l'affreux conflit confessionnel."

"Il semble que ces factions n'aiment pas voir l'entente entre les Irakiens", a ajouté M. Maliki dans un communiqué.

La minorité sunnite a commencé à manifester quelques jours après l'arrestation le 20 décembre de gardes du corps du ministre sunnite des Finances, Rifaa al-Issawi.

Outre la libération de prisonniers détenus selon eux sans inculpation, les contestataires exigent l'abrogation de lois antiterroristes utilisées, selon eux, à l'encontre de la communauté sunnite par le gouvernement de M. Maliki, dominé par les chiites.

En signe d'apaisement, Bagdad a annoncé la libération de 400 prisonniers depuis la semaine dernière.

Cette crise intervient à trois mois d'importantes élections provinciales, qui constitueront un test pour M. Maliki et ses opposants, avant des élections nationales l'année prochaine.

Ces rassemblements ont renforcé l'opposition contre M. Maliki, accusé d'autoritarisme par ses détracteurs sunnites, mais aussi kurdes et chiites, membres de son gouvernement d'unité nationale.

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