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19/01/2013 11:10 EST | Actualisé 21/03/2013 05:12 EDT

Tunisie: le principal syndicat met en garde contre des risques d'instabilité

L'Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale syndicale historique) a mis en garde samedi contre des "dangers politiques, sécuritaires et sociaux" menaçant la stabilité et la transition démocratique en Tunisie.

"L'UGTT attire l'attention sur des dangers politiques, sécuritaires et sociaux, ainsi sur les risques de violence", a déclaré son secrétaire général, Houcine Abassi, dénonçant notamment la Ligue de protection de la révolution, une sorte de milice proche du parti islamiste Ennahda au pouvoir.

M. Abassi, qui s'exprimait à l'occasion du 67e anniversaire de la centrale syndicale, a exhorté "les forces nationales et progressistes à prendre conscience des risques" pesant sur la sécurité, l'équilibre socio-économique et la stabilité du pays, a-t-il dit.

Il a tiré la sonnette d'alarme sur un chômage galopant qui touche des milliers de jeunes "poussés par le désespoir à prendre le large au péril de leur vie" pour immigrer en Europe, a-t-il dit.

En octobre, la centrale, qui a tenté en vain une médiation entre le pouvoir dirigé par Ennahda et l'opposition, avait appelé à "l'apaisement des tensions politiques".

Deux ans après la révolution de 2011 qui a chassé l'ancien président Ben Ali du pouvoir, la Tunisie est minée par les tiraillements entre une opposition divisée qui peine à imposer la formation d'un nouveau gouvernement élargi et le parti au pouvoir Ennahda qui crie au sabotage et à la conspiration des opposants laïques.

Le pays est en proie en outre à l'émergence de groupuscules islamistes jihadistes responsables d'actions violentes et oeuvrant publiquement à islamiser le pays dans un contexte marqué par la prolifération d'armes.

Les autorités, qui font souvent état de saisies d'armes, d'arrestations, ont indiqué avoir démantelé en décembre un groupe armé lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Fondé le 20 janvier 1946, l'UGTT, unique syndicat en Tunisie jusqu'à la révolution de 2011, revendique un demi-million d'adhérents et dispose d'un ancrage historique sur l'ensemble du territoire tunisien.

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