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19/01/2013 05:17 EST | Actualisé 21/03/2013 05:12 EDT

Prise d'otages en Algérie : plusieurs victimes lors de l'assaut final

Sept otages étrangers et 11 ravisseurs ont été tués dans l'assaut final lancé samedi matin par les forces spéciales algériennes sur le site gazier du Sahara algérien. 

« L'assaut a été donné en milieu de matinée. Onze terroristes ont été abattus et les otages étrangers ont péri. Nous pensons qu'ils ont été assassinés en représailles », a déclaré une source de sécurité algérienne à l'Agence France-Presse. Entre 25 et 27 otages étrangers et algériens ont été tués depuis le début de l'attaque de jihadistes mercredi contre ce complexe gazier, selon un bilan provisoire fourni à l'AFP.

Les djihadistes avaient miné les installations et l'armée procède actuellement à la neutralisation des explosifs, a indiqué la compagnie énergétique algérienne Sonatrach.

Plus tôt en matinée, l'agence Reuters rapportait que les autorités algériennes ont découvert 15 corps brûlés dans le complexe gazier d'In Amenas. Une dizaine de combattants islamistes liés à Al-Qaïda étaient alors retranchés dans l'usine. Depuis vendredi, le groupe armé prétendait détenir trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique. D'autres sources parlaient d'une trentaine d'étrangers qui manquaient toujours à l'appel. Les ravisseurs, qui ont agi en représailles à l'intervention française au Mali, sont lourdement armés, limitant ainsi les possibilités d'intervention. 

Plusieurs bilans contradictoires ont toutefois été diffusés depuis le début de la prise d'otage, alors qu'une vingtaine d'otages étrangers manque toujours à l'appel. De son côté, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé qu'il n'y avait plus d'otage français sur le site.

Les entreprises qui avaient des travailleurs sur le site d'In Amenas tentent aussi de clarifier la situation de leurs ressortissants. La pétrolière norvégienne Statoil a confirmé samedi qu'elle était toujours sans nouvelles de six de ses employés, tandis qu'elle avait reçu la confirmation que deux travailleurs étaient sains et saufs. La firme d'ingénierie japonaise JGC dénombrait 10 employés manquants. Quatre des employés de BP sont toujours portés disparus selon le groupe pétrolier britannique, qui craint qu'il y ait « un ou plusieurs morts » à déplorer parmi eux.

De leur côté, les autorités algériennes parlaient d'une dizaine d'otages toujours sur place, autant étrangers qu'algériens. Selon elles, l'assaut lancé jeudi matin pour libérer les employés captifs aurait par ailleurs causé la mort de 12 otages et de 18 ravisseurs, tandis que près de 700 otages et employés auraient été libérés. Les assaillants, en contact avec une agence de presse de la Mauritanie, ont quant à eux fait état de 34 ressortissants étrangers tués lors de l'opération des forces algériennes pour les libérer. Comme les délégations étrangères sont toujours tenues loin du site de la prise d'otage, la situation sur le terrain difficile à évaluer, et l'Algérie est sous un feu de critiques pour son manque de transparence sur l'opération.

Le président français, François Hollande, a tout de même affirmé que l'Algérie a eu « les réponses les plus adaptées », après l'assaut final.

Vendredi soir, le Conseil de sécurité a déploré « dans les termes les plus fermes l'attaque terroriste contre le site d'In Amenas, en Algérie ». Les membres du conseil ont appelé les États impliqués à collaborer avec les autorités algériennes afin de sauver les otages restants.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a déclaré que les responsables de cette attaque seraient pourchassés et que les États-Unis prendraient toutes les mesures adéquates pour se protéger contre Al-Qaïda.

« Les terroristes devraient savoir qu'ils ne trouveront pas de refuge, pas de cachette, ni en Algérie, ni dans le nord de l'Afrique, nulle part. Ceux qui veulent attaquer notre pays et notre peuple ne pourront pas se cacher », a-t-il déclaré.

Récits troublants

Les otages libérés commencent à raconter leur expérience. Un otage philippin a déclaré avoir été enveloppé d'explosifs et transporté dans un camion piégé lors de l'assaut des forces de sécurité. Il a ajouté que les bombes placées sur le véhicule où il se trouvait n'ont pas explosé, contrairement à celles des camions voisins, dont les occupants seraient morts.

Un Français employé d'une entreprise de restauration a indiqué être resté caché sous son lit pendant une quarantaine d'heures avant d'être secouru par les soldats algériens.