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19/01/2013 12:39 EST | Actualisé 21/03/2013 05:12 EDT

"Ouf, c'est fini", souffle-t-on à In Aménas, désertée par ses habitants

"Ouf, c'est fini", lancent les rares habitants restés à In Aménas, dans le Sahara algérien, la ville la plus proche du complexe gazier où les forces spéciales ont mis fin samedi à une prise d'otages spectaculaire par un groupe islamiste armé.

Brahim, la cinquantaine, se dit "désolé" pour la vingtaine d'otages morts, dont des étrangers, recensés depuis mercredi, jour où le groupe a attaqué le site, tué et blessé plusieurs personnes, et pris en otages des centaines d'employés.

Mais "il était prévisible que ça se termine comme ça", juge cet homme qui se présente comme un "citoyen algérien".

Planté devant le seul hôpital de la ville réquisitionné depuis mercredi par les autorités pour y transporter les victimes, il est venu voir s'il ne connaissait pas certaines d'entre elles.

"Je connaissais des gens qui travaillaient là-bas et je veux savoir s'il n'y en a pas parmi ceux qu'on amènera ici", ajoute-t-il.

Les forces spéciales algériennes ont abattu samedi onze "terroristes", mais ces derniers ont exécuté leurs sept otages étrangers restants, selon des sources officielles.

En fin d'après-midi, des diplomates britanniques à bord de 4X4 pénètrent dans le bâtiment, suivis de journalistes de la télévision publique. Les rares autres, dont l'AFP, sont interdits d'entrée.

Avec la trentaine de badauds présents, les reporters sont les seules personnes visibles à la ronde, la ville étant quasi-déserte depuis mercredi.

"Les Touareg sont restés cloîtrés chez eux, en état de choc", raconte Brahim Zaghdaoui, un habitant de la ville côtière de Jijel, venu s'installer en 2006 dans cette cité située à quelque 1.300 km au sud-est d'Alger.

"On avait la belle vie, aujourd'hui je ne suis plus à l'aise".

Samedi, jour habituellement animé, aucune femme n'arpentait les rues de cette cité industrielle de 3.000 autochtones auxquels s'ajoutent autant de travailleurs, construite de manière anarchique.

"J'ai peur qu'il se passe quelque chose (...) je veux partir", dit Ali Smaïl, un employé qui s'est vu cependant refuser une demande de congé.

"Nous sommes passés d'une situation paisible à une situation de terreur", témoigne Fouad, père de famille.

Un autre habitant a la peur au ventre: "l'usine pourrait exploser et souffler la ville", dit-il après avoir vu un mouvement incessant d'hélicoptères des forces de l'ordre.

Le groupe pétrolier Sonatrach a indiqué après l'assaut final qu'une opération de déminage des installations de l'usine de gaz, où étaient retenus les derniers otages, était en cours.

Yuan Haiping, un Chinois de la compagnie Great Wall Drilling, est confiné dans la seule auberge d'In Amenas depuis mercredi: "J'ai peur, surtout la nuit. Je me réveille au moindre petit bruit".

Dans la matinée, la vue de cercueils acheminés vers l'hôpital a accru la tension.

"Hier vendredi, plusieurs proches avaient peur d'aller prier par crainte d'un attentat à la bombe", raconte Ahmed, un commerçant encore traumatisé par les dix ans de guerre civile (1992-2002) entre islamistes et forces de l'ordre.

"Désormais, il y aura un avant et un après la prise d'otages", lance Abdelkader, un ouvrier du secteur pétrolier.

"Sans cette autorisation de survol accordée aux chasseurs français en route pour le Mali, rien de cela ne serait arrivé", dit-il, un avis partagé par d'autres habitants.

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