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19/01/2013 01:02 EST | Actualisé 20/03/2013 05:12 EDT

"Ici, on vote Bennett": les colons ont fait leur choix

"Ici, on vote Bennett". Les colons ont fait leur choix. Plutôt que Benjamin Netanyahu, ils plébiscitent le jeune leader du Foyer juif, candidat à la droite de la droite, pour défendre leurs intérêts et empêcher l'avènement d'un Etat palestinien.

"Il est important que Netanyahu ait à sa droite de véritables représentants de nos idéaux", explique Rony Akrich, un enseignant de la pensée juive, qui habite Kiryat Arba, colonie aux portes de la cité palestinienne d'Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée.

Pour cet ancien électeur "likoudnik", "Naftali Bennett propose un meilleur programme que celui de Netanyahu", le Premier ministre sortant et patron du Likoud, le parti historique de la droite israélienne.

"Le Likoud adhère à nos idéaux mais il est plus flexible. Je crois que Bennett peut redresser la barre et permettre au navire de mieux naviguer", opine-t-il.

Selon les derniers sondages, le parti de Naftali Bennett, ancré à la droite du Likoud, pourrait remporter entre 12 et 15 sièges lors des élections législatives du 22 janvier, contre 3 seulement aujourd'hui.

Le vote des colons ne représente que 4% des voix, soit 5 députés, mais le taux de participation est traditionnellement élevé dans les colonies.

N'ayant quasiment pas eu besoin de faire campagne dans les implantations de Cisjordanie, Naftali Bennett se veut confiant.

"Ceux pour qui la question de l'intégrité d'Eretz Israel (Terre d'Israël, incluant les Territoires palestiniens, NDLR) est importante voteront pour notre parti", assure-t-il à l'AFP.

Pourtant, cet ancien directeur du Conseil de Yesha, 40 ans, l'organisme représentant les colons de Cisjordanie, n'a pas reçu le soutien de ses anciens patrons.

Le président du Conseil, Danny Dayan, qui a démissionné la semaine dernière pour s'engager auprès de "Bibi" Netanyahu, juge que "le plus important est de renforcer le Likoud et ne pas disperser les voix de la droite".

"Je reconnais que je suis déçu de sa réaction", répond Naftali Bennett.

Par ailleurs, les 15 maires et présidents des Conseils régionaux des implantations de Cisjordanie ont signé un appel à voter pour M. Netanyahu.

"Il s'agit surtout d'un soutien tactique en vue des projets de construction futurs" de M. Netanyahu, explique-t-on dans l'entourage de Naftali Bennett.

Plus à droite, certains colons reprochent à ce dernier de ne pas défendre suffisamment la cause du "Grand Israël".

"C'est un sujet important de mon programme mais ce n'est pas le seul. Ce que nous voulons, c'est participer à la construction d'une société plus juste pour tous les citoyens israéliens et pas seulement pour ceux qui vivent en Judée-Samarie (Cisjordanie)", argumente-t-il.

D'ailleurs, M. Bennett ne fait pas l'unanimité parmi les ultras.

"Je n'ai pas confiance en lui, il ressemble trop à Netanyahu, l'homme qui a démantelé des implantations et gelé la construction juive pendant un an", critique Yehouda Shimon, un avocat qui vit à Havat Gilad, un avant-poste non autorisé par le gouvernement israélien dans le nord de la Cisjordanie.

Dans cette colonie d'une quarantaine de familles, presque tout le monde vote pour le parti d'extrême droite Otzma LeIsraël, qui mord sur l'électorat du Foyer juif parmi les activistes les plus radicaux.

"Bennett est prêt à donner plus d'autonomie aux Arabes, ce qui est contraire à la Torah", juge M. Shimon, faisant allusion au "Plan Bennett" qui propose d'élargir l'autonomie palestinienne dans certaines zones de Cisjordanie tout en prônant l'annexion du reste (plus de 60%).

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