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19/01/2013 10:57 EST | Actualisé 21/03/2013 05:12 EDT

Égypte: policiers et manifestants s'affrontent au procès d'un ex-dirigeant

La police antiémeute égyptienne a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser des manifestants qui lançaient des roches samedi à l'extérieur d'un tribunal d'Alexandrie, où l'ancien directeur de la sécurité de la ville et d'autres responsables sont actuellement jugés en lien avec la mort de plusieurs protestataires lors du soulèvement de 2011 en Égypte.

Mohammed Ibrahim et cinq policiers sont accusés d'avoir pris part à la violente répression du mouvement de contestation ayant mené à la chute de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak en février 2011.

Samedi, des dizaines de manifestants se sont rassemblés près de la salle d'audience afin d'exprimer leur colère pour ce qu'ils estiment être un manque d'imputabilité par rapport aux protestataires tués il y a près de deux ans.

Ceux qui ont participé au soulèvement soutiennent que seule une véritable réforme pourra mettre un terme à la tradition d'impunité policière et à l'utilisation excessive de la force par les agences de sécurité en Égypte.

Près de 100 policiers ont été traduits en justice jusqu'à maintenant pour avoir tué ou blessé des contestataires durant la révolte contre Moubarak. Tous les cas se sont soldés par un acquittement ou une sentence avec sursis.

Environ 300 Égyptiens ont perdu la vie à Alexandrie durant le soulèvement de 18 jours sur un total de plus de 900 pour l'ensemble de l'Égypte.

Hosni Moubarak et l'ancien ministre de l'Intérieur ont été condamnés à la prison à vie pour ne pas avoir essayé de mettre un terme au massacre et ont obtenu cette semaine un nouveau procès.

Dans un autre cas impliquant des manifestants, une cour criminelle égyptienne a évoqué samedi une amnistie présidentielle pour annuler les accusations qui pesaient contre 379 personnes soupçonnées d'avoir participé à des affrontements avec la police ayant fait 42 morts au Caire en novembre 2011.

Les protestataires avaient manifesté près du ministère de l'Intérieur et de la place Tahrir pendant près de deux semaines afin de demander la tenue d'élections présidentielles et dénoncer la violence policière contre les grèves d'occupation.

The Associated Press