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19/01/2013 01:11 EST | Actualisé 20/03/2013 05:12 EDT

Elections en Israël: Obama et Netanyahu contraints de s'entendre

Barack Obama et Benjamin Netanyahu, dont les divergences sur le nucléaire iranien ont éclaté au grand jour en 2012, doivent trouver un moyen de s'entendre si le Premier ministre israélien est réélu, sous peine de saper les liens historiques entre les deux alliés.

Le contact n'est jamais passé entre le président américain, qui doit prêter serment pour son second mandat dimanche et le chef du gouvernement israélien, favori à sa propre succession pour les législatives de mardi.

En mars 2010, le président Obama avait préféré dîner en famille plutôt qu'avec M. Netanyahu après des entretiens tendus à la Maison Blanche sur la colonisation israélienne. En mai 2011, le Premier ministre israélien infligeait un camouflet à son hôte dans le Bureau ovale, rejetant sur un ton doctoral, devant les caméras et face à un Barack Obama impassible, sa proposition d'un Etat palestinien sur la base des lignes d'armistice de 1967.

En septembre dernier, le président des Etats-Unis, qui ne s'est jamais rendu en visite officielle en Israël, avait soigneusement évité de rencontrer M. Netanyahu en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

A cette tribune de l'ONU, le Premier ministre israélien avait réclamé à M. Obama de fixer "des lignes rouges claires" au programme nucléaire iranien controversé, menaçant de lancer des frappes préventives.

M. Obama n'avait pas cédé et continue de privilégier, face à Téhéran, des sanctions économiques couplées à des négociations.

Irrité par le président démocrate, "Bibi" Netanyahu, champion incontesté de la droite israélienne, qui a longtemps vécu aux Etats-Unis et se targue de "parler républicain" n'avait pas caché sa préférence pour son adversaire Mitt Romney à la présidentielle de novembre.

Le dernier coup de froid entre les deux dirigeants date de cette semaine: M. Netanyahu a déclaré, visant le président américain, que "les citoyens israéliens sont les seuls à décider qui représentera fidèlement les intérêts vitaux de l'Etat d'Israël".

Il répliquait à des propos rapportés par un éditorialiste américain et que M. Obama aurait tenus en privé après l'accession de la Palestine au rang d'Etat observateur à l'ONU le 29 novembre selon lesquels "Israël ne sait pas quel est son propre intérêt".

Si l'on en croit ces commentaires, M. Obama aurait fustigé la lâcheté de M. Netanyahu face au lobby des colons, minant ainsi le processus de paix israélo-palestinien, au point mort depuis septembre 2010 et que le président américain n'a jamais réussi à relancer.

Pour autant, alliés par l'Histoire et par la présence aux Etats-Unis de la plus grande communauté juive de la planète en diaspora, les deux gouvernements se targuent sans cesse de leurs "liens plus forts que jamais".

De fait, abondent des experts, les relations diplomatiques et institutionnelles n'ont jamais été aussi solides.

"D'un côté, je n'ai jamais vu un tel dysfonctionnement entre un Premier ministre israélien et un président américain. Mais de l'autre, la relation politique, la coopération militaire, l'assistance à la sécurité, le soutien de l'opinion américaine, tout cela fonctionne très bien", constate Aaron David Miller, vice-président du Woodrow Wilson International Center de Washington.

Son confrère Daniel Kurtzer, ancien ambassadeur américain en Israël et aujourd'hui expert à l'université de Princeton, trouve même que "2012 fut l'occasion de retisser des liens" entre MM. Netanyahu et Obama.

Il en veut pour preuves le soutien sans faille du président américain à Israël lors de l'opération à Gaza (14-21 novembre) et le vote de l'administration Obama contre la Palestine à l'ONU (138 voix pour, 9 contre).

Même sur le nucléaire iranien, le plus gros point de friction, les assurances répétées du président américain qu'il ne "bluffe pas" et qu'il ne laissera pas l'Iran obtenir la bombe, paraissent avoir repoussé les velléités d'une action unilatérale israélienne, estime Tamara Cofman Wittes, de la Brookings Institution.

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