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19/01/2013 07:32 EST | Actualisé 21/03/2013 05:12 EDT

Algérie attaque: le communication officielle algérienne clouée au pilori

Les autorités algériennes sont vivement critiquées samedi par la presse locale qui les accuse de communication limitée, sinon contradictoire depuis le lancement il y a plus de 72 heures de l'attaque d'un commando jihadiste contre un complexe gazier et d'un assaut de l'armée.

"Le pouvoir n'a pas réussi, une nouvelle fois, à communiquer avec son peuple", juge samedi le journal arabophone Echorouk, l'un des plus forts tirages du pays avec une moyenne de 500.000 copies/jour.

La prise d'otages spectaculaire mercredi à l'aube sur un site considéré comme extrêmement sécurisé à In Amenas, à quelque 1.300 km au sud-est d'Alger, a "donné le vertige à tous" et en premier lieu au ministre de l'Intérieur, Dahou Ould Kablia, affirme encore ce quotidien populaire.

Le ministre a donné "des informations complètement fausses, faisant croire qu'il était totalement dépassé par les événements", accuse le journal.

Il avait d'abord affirmé mercredi soir à la télévision nationale que les attaquants étaient "une vingtaine d'hommes issus de la région", provoquant l'ire des notables locaux, selon la presse. Il avait ensuite annoncé qu'il s'agissait d'une trentaine d'hommes de nationalités différentes.

Le quotidien francophone Liberté (libéral) évoque "l'énième faillite de la communication officielle" et juge que M. Ould Kablia tout comme le ministre de la Communication, Mohamed Said, intervenu jeudi et vendredi soir par le même canal, se sont livrés "à un piètre exercice".

Le Soir d'Algérie, également francophone, relève aussi "parcimonie, lourdeur et ratés dans la communication officielle": "Point réactives, les autorités algériennes ont peu et mal communiqué tout au long des deux premiers jours de cette prise d'otages spectaculaire".

Plus agressif, El-Watan (francophone) dénonce le black out-officiel "érigé en mode de communication" avec une absence quasi totale d'images de ce qui se passe sur le terrain, alors que "le monde entier a les yeux rivés sur In Amenas".

Dans un éditorial au ton grave, son patron Omar Belhouchet estime que "l'opinion doit être mieux informée" sur le fait qu'une "guerre de grande ampleur est engagée au Sahel".

Evoquant "cette folie médiatique généralisée" dans le monde, le journal L'Expression s'en prend aux médias mauritaniens. Alakhbar "inconnue, a voulu jouer à la CNN du Sahel", se faisant "la boîte postale des organisations terroristes", avant de s'en prendre à l'Agence Nouakchott information (ANI) et Sahara Medias ou à la chaîne de télévision Al-Jazeera dont le bureau en Algérie est fermé.

Pour le commentateur, "il est établi que, dans ce genre d'opérations très complexes, on délivre des informations au compte-gouttes", mais il souligne qu'il ne s'agit pas pour autant "de disculper le déficit médiatique des autorités algériennes".

Mais la presse gouvernementale s'efforce, tant bien que mal, d'énumérer les résultats positifs de la réaction algérienne. Ainsi, titre El-Moudjahid "Plus de 600 otages libérés dont une centaine d'étrangers".

Se voulant rassurant, on peut lire en Une "le professionnalisme des forces de sécurité" qui "ont évité des pertes plus lourdes" ou le "pas question que les entreprises françaises quittent l'Algérie" exprimé par le patronat.

Samedi le commando, disant agir notamment en représailles à l'intervention française au Mali, détenait toujours sept otages étrangers, après l'assaut de l'armée contre le site gazier, selon un porte-parole de groupe jihadiste auquel appartiennent les ravisseurs cité par l'agence mauritanienne ANI.

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