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18/01/2013 04:21 EST | Actualisé 20/03/2013 05:12 EDT

Washington et Tokyo exhortent Alger à préserver la vie des otages

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et son homologue japonais Fumio Kishida ont exhorté vendredi Alger à faire preuve d'une "précaution extrême" pour la vie des otages retenus sur un site gazier algérien, affirmant qu'ils restaient en "danger".

La chef de la diplomatie américaine a indiqué lors d'un point de presse, aux côtés du nouveau ministre des Affaires étrangères nippon, s'être entretenue au téléphone avec le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal. Elle a tenu à "souligner une nouvelle fois qu'une précaution extrême devait être prise pour préserver des vies innocentes".

D'après Mme Clinton, M. Sellal "a dit clairement que l'opération était toujours en cours, que la situation restait changeante et que les otages restaient en danger".

Elle a insisté sur le fait que la "situation (était) extrêmement difficile et dangereuse".

Mme Clinton s'est refusée à donner un bilan d'éventuelles victimes américaines, mais elle a présenté les "condoléances des Etats-Unis à toutes les familles qui ont perdu des êtres chers dans cet assaut brutal" et a exprimé les "profondes inquiétudes" de Washington "pour ceux qui restent en danger".

Le sort de plusieurs otages étrangers demeurait incertain vendredi après un assaut de l'armée algérienne contre un complexe gazier du sud algérien où les ravisseurs, membres d'un groupe armé proche d'Al-Qaïda, étaient toujours retranchés.

Sans nouvelles vendredi soir (heure de Tokyo) de dix de ses ressortissants, le gouvernement japonais avait convoqué l'ambassadeur d'Algérie à Tokyo afin de protester contre l'intervention de l'armée algérienne pour libérer des otages. Le Premier ministre nippon Shinzo Abe a même abrégé une tournée en Asie du Sud-Est.

"Pour le Japon, le terrorisme est absolument intolérable", a déclaré M. Kishida, par le biais d'un interprète. Mais "le gouvernement japonais a demandé au gouvernement algérien de placer la sécurité et la vie des otages au premier rang de ses priorités", a prévenu le chef de la diplomatie nippone.

Une source de la sécurité, citée par l'agence algérienne APS, a dressé vendredi soir un bilan provisoire de l'assaut: 12 otages et 18 ravisseurs tués, et près d'une centaine d'otages --sur les 132 étrangers enlevés-- libérés, ainsi que 573 employés algériens.

Elle ne précise cependant pas le nombre et la nationalité des victimes étrangères, mais le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a fait état d'un Français parmi elles.

Selon des sources islamistes citées par l'Agence mauritanienne Nouakchott Information (ANI), le commando islamiste auteur de la prise d'otages détient encore sept ressortissants étrangers, trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique.

Le département d'Etat n'a pas souhaité commenter ces informations.

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