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18/01/2013 12:44 EST | Actualisé 20/03/2013 05:12 EDT

USA: quand Bernanke refusait de céder à la "panique" face à la crise en 2007

"Nous voyons une certaine dose de panique". A l'été 2007, le président de Fed Ben Bernanke relève les premiers signes de la crise aux Etats-Unis mais refuse d'agir en urgence pour conjurer toute idée d'un "plan de sauvetage", selon un compte-rendu officiel publié vendredi.

Le 16 août 2007, les dirigeants de la banque centrale américaine tiennent une conférence téléphonique impromptue pour évoquer la crise des "subprimes", les crédits immobiliers à risque, d'après les transcriptions des débats du Comité politique monétaire de la Banque centrale (FMOC) pour l'année 2007.

"Les marchés financiers connaissent des tensions encore plus fortes (...) Nous voyons une certaine dose de panique", déclare Ben Bernanke, qui tenait déjà à l'époque les rênes de la Fed.

Confronté à ces "subprimes" qui finiront pas faire tomber les Etats-Unis en récession, le patron de la Fed ne veut toutefois pas agir en urgence et assouplir sa politique monétaire.

"Je ne voudrais pas dire qu'une baisse des taux de la Fed est exclue, mais mon sentiment personnel est que nous devrions résister à une baisse des taux jusqu'à qu'il soit établi (...) que ce soit nécessaire", martèle-t-il.

Le principal taux de la Fed est pourtant à l'époque de 5,25% alors qu'il fluctue aujourd'hui ans entre 0 et 0,25%.

Mais à l'été 2007, la Fed n'a pas encore pris la mesure de la crise qui s'annonce et ne veut pas affoler les marchés. "Je préférerais éviter de donner l'impression d'un plan de sauvetage", souligne M. Bernanke.

A l'issue de cette réunion du 16 août, la Fed décidera néanmoins de baisser son taux d'escompte, le taux d'intérêt auquel la banque consent elle-même des prêts d'une journée aux institutions financières.

"Nous faisons une chose non conventionnelle", souligne alors M. Bernanke, qui n'est pas au bout de ses surprises.

Le 18 septembre 2007, la Fed se décidera pour la première fois depuis juin 2003 à abaisser son principal taux directeur de 5,25 à 4,75%, prélude à une série de mesures exceptionnelles contre la crise, qui n'empêcheront pas, un an plus tard, la chute de la banque Lehman Brothers.

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