POLITIQUE
18/01/2013 01:31 EST | Actualisé 20/03/2013 05:12 EDT

Nouvel appel pour une rencontre entre Spence, Harper et Johnston

CP

OTTAWA - Les chefs autochtones qui avaient boycotté la réunion de la semaine dernière avec le premier ministre reviennent à la charge.

Les chefs manitobains disent avoir réussi à faire adopter par l'exécutif de l'Assemblée des Premières Nations (APN) une résolution réclamant une réunion entre chefs autochtones, le premier ministre Stephen Harper et le gouverneur général David Johnston. Cette réunion devrait se tenir le jeudi 24 janvier, ont-ils précisé lors d'un point de presse, vendredi après-midi.

Ce dernier développement survient en l'absence du chef de l'APN, Shawn Atleo, au repos depuis quelques jours, et alors que les tentatives pour convaincre la chef Theresa Spence de mettre un terme à sa grève de la faim se multiplient.

Des femmes autochtones ont d'ailleurs livré vendredi une lettre au bureau du premier ministre Harper, en appelant à son humanisme et lui réclamant une rencontre, toujours avec les mêmes intervenants qu'il a été impossible de réunir dans une même pièce le 11 janvier dernier, afin de convaincre la chef d'Attawapiskat de recommencer à manger.

«Il est urgent que cette rencontre ait lieu pour la santé et le bien-être de la chef Spence», peut-on lire dans la lettre signée, entre autres, par Ellen Gabriel de la Nation Mohawk de Kanesatake.

«Quelles que soient les croyances spirituelles de M. Harper et du gouverneur général, ils doivent chercher au fond de leurs coeurs et leurs esprits pour voir que c'est la vie d'un être humain qui est en jeu», a insisté Mme Gabriel après avoir laissé la lettre à la porte de l'édifice Langevin, immeuble qui abrite des bureaux du premier ministre.

Les chefs manitobains s'inquiètent eux aussi de la santé de la chef Spence que l'un d'entre eux a rencontrée, vendredi après-midi, sur l'île Victoria à Ottawa. Murray Clearsky dit avoir cherché à convaincre Mme Spence de «réévaluer» la situation, de «rentrer chez elle, auprès des siens».

Dans un communiqué diffusé en fin de journée, la chef Spence ne cédait toujours pas.

«La grève de la faim de la chef Spence est l'incarnation de la lutte dans laquelle les peuples autochtones sont engagés de manière quotidienne. Nos peuples vivent dans des conditions de tiers-monde pendant que dans notre cour arrière des méga projets de développement arrachent les ressources de nos terres», peut-on lire dans le communiqué.

Celui-ci cite aussi Mme Spence: «Je prie que le Canada se présente bientôt à la table puisque le temps ne me sert pas et chaque jour qui passe nuit à ma santé».

Jusqu'à maintenant, le bureau du premier ministre ne prévoit qu'une rencontre entre le ministre des Affaires autochtones, John Duncan, et des leaders des Premières Nations. La date de la rencontre n'est pas arrêtée. Et il n'est pas question que le gouverneur général y soit, ni le premier ministre.

On semble donc se diriger vers le même mur que la semaine dernière.

Cette insistance pour que soit présent un représentant de la Couronne à ce genre de réunion est compréhensible, d'après Roméo Saganash, député néo-démocrate et porte-parole de son parti en matière d'affaires intergouvernementales autochtones.

«Pour certains, c'est un symbole qui est très puissant parce que les traités ont été signés avec la Couronne», a-t-il rappelé, en quittant une réunion de son caucus.

«Dans toutes les sociétés on s'accroche à des symboles. S'il y en a un qui devrait comprendre ces symboles-là, c'est bien M. Harper avec son admiration devant la reine», a ajouté le député.