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18/01/2013 01:18 EST | Actualisé 20/03/2013 05:12 EDT

Le football a besoin des autorités pour lutter contre les matches truqués

La coopération entre les forces de l'ordre et les autorités du football est cruciale dans la lutte contre les matches truqués, d'après les travaux de la première conférence internationale sur le sujet tenue à Rome jeudi et vendredi.

Deux cents délégués de 50 pays, des policiers de l'Interpol, des juristes, les autorités du football, Fifa et UEFA, mais aussi des joueurs et dirigeants et des représentants des grandes entreprises internationales de jeux ont insisté sur la nécessité de se doter également d'une législation commune pour tenter d'éradiquer un phénomène qui draine des "centaines de milliards d'euros", selon le secrétaire général d'Interpol, Ronald Noble.

Les autorités du football ont besoin des États. "Il est essentiel que les crimes sportifs soient jugés devant un tribunal civil, comme c'est le cas en Italie", a insisté le secrétaire général de l'UEFA, le gouvernement du football européen, Gianni Infantino.

"Nous devons convaincre les autorités, a-t-il dit. Quand un procureur me dit: +J'ai plus important à faire, la prostitution, la drogue, le trafic d'armes... Je ne peux pas seulement m'occuper d'un match de 3e division acheté+, je lui explique que ce n'est peut-être qu'un petit investissement d'une organisation criminelle, mais qu'il est ensuite réinjecté dans la prostitution ou la drogue..."

La conférence, intitulée "La part laide de ce beau jeu" ("Match-fixing: The ugly side of the beautiful game") a également permis d'évoquer la tâche difficile des enquêteurs, qui ont besoin d'aveux fautes de preuves matérielles aussi tangibles que dans le dopage, par exemple.

"Mais rassurez-vous, les coupables parlent", a dit M. Noble.

"On ne se trouve pas à gérer seulement les paris sur le résultat, mais sur tous les petits détails du football: qui aura le premier corner? qui aura la première touche?" a expliqué le préfet Antonio Manganelli, chef de la police italienne.

"Ce n'est pas quelque chose de spectaculaire qui saute aux yeux du public. Il faut se concentrer sur les anomalies dans les paris", a-t-il ajouté.

L'UEFA surveille 32.000 matches par an, et la Fifa (Fédération internationale) s'est dotée d'un système équivalent, baptisé "Early warning system", pour alerter en cas d'anomalies dans les paris sur un match.

"C'est vrai que c'est très difficile de mener l'enquête puisqu'on peut parier de n'importe où dans le monde", a ajouté M. Noble, soulignant l'importance d'une collaboration internationale.

Le scandale du "Calcioscommesse" qui secoue l'Italie depuis 20 mois, par exemple, prend sa source à Singapour, où le chef présumé Eng Tan Seet a été arrêté en décembre 2011 grâce à un mandat international.

Le N.2 de la Fifa Jérôme Valcke a souligné l'importance de "l'alliance stratégique avec Interpol, les autorités et surtout le soutien des associations membres".

"En réunissant des représentants du plus vaste échantillon possible d'organisations impliquées dans la lutte contre les matches truqués, la conférence a offert l'opportunité de partager nos expertises et d'identifier les meilleures pratiques pour lutter contre ce problème mondialisé"

Cette conférence était la première du genre, une autre doit se tenir à Kuala Lumpur en Février, a précise Interpol.

"Le crime international tire profit des matches truqués, a prévenu M. Noble à la fois par les bénéfices et par la possibilité de laver l'argent sale. Le +match-fixing+ est un dragon à plusieurs tête, que nous devons trancher par un effort international."

eba/bpa