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18/01/2013 12:02 EST | Actualisé 20/03/2013 05:12 EDT

Financement universitaire: débat contradictoire à Sherbrooke

Le problème du sous-financement des universités est si criant qu'il faut réinvestir sans plus tarder dans le réseau avant de se pencher sur la façon dont l'argent est dépensé, a plaidé vendredi la CREPUQ. Une affirmation qui a fait bondir la FEUQ.

Le choc des idées se poursuit à l'Université de Sherbrooke, alors qu'il est question de gouvernance et de financement des universités dans le cadre de la troisième rencontre préparatoire devant mener au sommet sur l'éducation les 25 et 26 février.

Tandis que la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, demande aux recteurs de faire leurs devoirs et de revoir leur gouvernance avant d'exiger de Québec qu'il délie les cordons de sa bourse, la présidente de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), Louise Samoisette, tire la sonnette d'alarme.

Selon Mme Samoisette, l'écart entre le financement des universités québécoises et celles des autres provinces n'a cessé de se creuser au cours des 15 dernières années. Dans une étude contestée publiée en début de semaine, la CREPUQ a évalué le niveau du sous-financement des universités du Québec à 850 millions de dollars.

Il est donc impératif d'investir, notamment pour procéder à l'embauche de quelque 1000 professeurs pour revenir au même ratio qu'en l'an 2000 dans les salles de classe universitaires, sans quoi les conséquences déjà « évidentes », selon elle, se feront ressentir  « quand il sera trop tard ».

Le Conseil du patronat abonde dans le même sens que la CREPUQ sur l'épineux dossier du sous-financement. Son président, Yves-Thomas Dorval, a demandé que cesse la guerre des chiffres en résumant que les universités « sont dans le trou », peu importe à quel point elles le sont.

Une fois rassis à sa table, M. Dorval a esquissé un sourire lorsque le secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), Paul-Émile Auger, a lancé l'idée d'instaurer une nouvelle contribution obligatoire des entreprises au financement global du réseau d'éducation postsecondaire.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a signalé jeudi que le réseau universitaire pourrait subir d'autres compressions que les 124 millions déjà annoncés.

Le recteur de l'Université de Montréal Guy Breton, qui prend aussi part à l'événement, a affirmé vendredi matin qu'il comprenait le besoin de revenir au déficit zéro, mais a reconnu qu'il s'inquiétait des conséquences qu'auront ces nouvelles mesures d'austérité sur la qualité de l'enseignement universitaire et sur la compétitivité des universités québécoises.

Il a toutefois refusé de signaler si, d'après lui, le niveau du sous-financement des universités est de l'ordre de 850 millions, tel que le prétend la CREPUQ, ou plutôt de 300 millions, comme le soutient l'économiste Pierre Fortin.