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18/01/2013 10:04 EST | Actualisé 20/03/2013 05:12 EDT

Armstrong compare la décision de le bannir du cyclisme «à la peine de mort»

Après avoir été banni à vie du cyclisme par l'Agence antidopage américaine (USADA) l'automne dernier, Lance Armstrong a remis en question la décision de l'organisme en la comparant «à la peine de mort».

Le Texan de 41 ans a fait ces révélations dans le cadre de la deuxième portion de l'entrevue qu'il a accordée à Oprah Winfrey et qui portait sur sa chute, après avoir été au sommet de l'échiquier mondial du cyclisme professionnel.

Il a reconnu qu'il méritait une punition pour les gestes qu'il avait posés au fil des ans, mais a indiqué ne pas considérer qu'il méritait une telle sanction. Le verdict de l'USADA l'empêche de participer à tout événement sportif sanctionné par une fédération sportive, signifiant à toute fin pratique qu'il ne peut plus gagner sa vie en pratiquant une discipline.

«Je veux reprendre ma carrière sportive, je suis un compétiteur, j'aime m'entraîner, j'aime courir, a-t-il expliqué. J'aimerais courir le marathon de Chicago à 50 ans, mais je ne peux pas. J'aimerais faire les 10 kilomètres d'Austin, mais je ne peux pas. J'aimerais courir de nouveau. J'ai eu ce que je méritais, mais je crois tout simplement que je ne méritais pas la peine de mort.»

L'Américain a du même souffle mentionné qu'il aimerait bien que la décision soit renversée, même si ce n'est «pas vraiment réaliste».

La rumeur voulant qu'il ait offert un don de 150 000 $US à l'USADA pour tenter de renverser sa suspension à vie serait fausse, a-t-il juré à Oprah Winfrey.

Il a démontré ses premières émotions lorsque Winfrey lui a demandé comment ses enfants avaient appris qu'il s'était dopé. Les yeux rougis, prenant plusieurs pauses pour calmer les trémolos dans sa voix, il a rappelé que son fils Luke, qui est âgé de 13 ans, le protégeait sans cesse devant les autres enfants, du moins jusqu'à ce qu'il lui dise de ne plus le faire.

«J'ai dit à mon fils que tout était vrai. Tout ceci n'était pas des mensonges. Il fallait qu'il arrête de me défendre, s'est-il rappelé. Il a été très calme et mature. Je lui ai dit: 'si quelqu'un dit quoi que ce soit, ne me défends pas. Dis lui que ça te fait de la peine.' Il m'a dit 'Je t'aime. Tu es mon père'.»

L'entrevue avait pourtant démarré de la même façon que la veille, alors qu'il paraissait aussi détaché et distant de ses émotions. Armstrong a d'abord confié que l'élément qui l'avait le plus blessé durant sa chute fut sa séparation complète de la fondation Livestrong en novembre 2012.

Davantage même que le retrait de ses nombreux commanditaires — Nike, Trek, Anheuser-Busch, notamment — en quelques jours seulement, qui lui aurait coûté jusqu'à 75 millions $US selon ses estimations. Il a cependant relativisé cette catastrophe en la comparant à un diagnostic de cancer, la trouvant beaucoup moins grave.

«Ça n'a pas été une période amusante. Je savais qu'un jour on en arriverait là, mais j'ignorais tout simplement que même ma fondation ferait partie du lot», a dit le cycliste déchu. «C'était mon sixième enfant. C'était gros, et j'y ai songé beaucoup. C'était l'enfer, et ç'a vraiment été le point le plus bas de cette chute.»

Armstrong a d'autre part indiqué que si une personne avait été au courant du fait qu'il se dopait, c'était son ex-femme Christine, avec qui il a eu trois enfants. Il a raconté qu'il lui avait demandé la permission d'effectuer un retour à la compétition en 2009, et qu'elle lui avait donné son consentement «à condition que je ne franchisse plus cette ligne». Une condition qu'il aurait accepté, selon ses dires.

L'Américain a de plus indiqué qu'il avait la certitude qu'il pouvait l'emporter à son retour au TDF en 2009 — il avait terminé troisième —, parce qu'il croyait que le sport était devenu propre, notamment en raison de l'instauration du passeport biologique par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

«Je me suis simplement dit que j'avais été battu par deux gars meilleurs que moi», a-t-il confié candidement à Winfrey.

Il a par ailleurs discuté de la photo controversée qu'il a publiée sur le site de réseautage social Twitter avec ses sept gilets jaunes, qualifiant ce geste «d'erreur» qui se voulait au fond être un geste de défiance envers les autorités antidopages.

«Ça, c'était l'imbécile en moi, a admis Armstrong. Quand je l'ai envoyée, je croyais encore que c'était une bonne idée. C'est épeurant.»

L'Américain a conclu l'entrevue en indiquant qu'il tentera de retrouver le droit chemin, peu importe le temps que ça lui prendra, et qu'il fera tout en son pouvoir pour ne plus s'égarer. Il a aussi exprimé sa volonté de dire toute la vérité, de façon à quitter sa prison de verre.

«Je suis une thérapie de façon sporadique, mais je sais que je devrais en suivre une de façon constante, a-t-il reconnu. J'ai une vie épouvantable (messy). Je commence seulement à exprimer des remords. J'en suis aux premières étapes, et je dois payer le prix pour mes gestes.»

La veille, Armstrong avait finalement avoué s'être injecté des drogues de performance afin de remporter chacun de ses sept Tours de France. Il a perdu ses titres du TDF l'an dernier, après qu'il eut été éclaboussé par des accusations de dopage.