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11/01/2013 09:51 EST | Actualisé 13/03/2013 05:12 EDT

Une importante base aérienne tombe aux mains des rebelles syriens

AFP

Les rebelles syriens ont réussi à prendre vendredi le plus grand aéroport militaire du nord de la Syrie pendant que dans les pays voisins, les réfugiés qui fuient l'hiver et les combats affluent par dizaines de milliers.

La base aérienne de Taftanaz est tombée aux mains des rebelles à la suite de plusieurs jours de combats intenses menés simultanément par les insurgés.

La chute de cet aérodrome prive le régime du dictateur Bachar Al-Assad de l'une de ses principales plateformes aériennes d'où étaient menés des raids aériens contre les positions rebelles dans le nord-ouest du pays, notamment dans la province d'Idleb.

« Il s'agit de la prise de la plus importante base aérienne depuis de début de la révolte il y a 22 mois. Elle a été conquise par le Front al-Nosra, Ahrar al-Cham et Taliaa al-Islamiya, trois groupes radicaux islamistes », a expliqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane à l'Agence France-Presse.

Toujours selon l'Observatoire des droits de l'Homme (OSDH), un organisme basé à Londres, les combats pour la prise de Taftanaz ont fait de nombreux morts. Un grand nombre d'officiers et de soldats auraient fui les lieux vendredi au lever du jour, laissant le champ libre aux forces rebelles.

Les insurgés n'auraient toutefois pas capturé d'appareils en état de fonctionner, selon l'OSDH. Tous les avions et hélicoptères de l'aviation gouvernementale avaient été évacués à l'arrivée des rebelles, à l'exception d'une vingtaine d'hélicoptères hors d'état de marche.

Rencontre au sommet à Genève

Pendant ce temps au siège des Nations unies à Genève, en Suisse, des représentants des gouvernements russe et américain ont engagé vendredi des pourparlers avec le représentant spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, pour tenter de trouver une issue à la guerre civile qui embrase la Syrie depuis bientôt deux ans.

Cette rencontre avec le secrétaire d'État adjoint américain William Burns et le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhail Bogdanov s'est ouverte vendredi au lendemain d'une virulente sortie du régime de Bachar Al-Assad contre M.Brahimi.

Jeudi, ce dernier a été accusé publiquement par Damas d'être ouvertement en faveur des rebelles. « Les déclarations de Lakhdar Brahimi montrent sa partialité flagrante en faveur des cercles conspirant contre la Syrie et le peuple syrien », a déclaré en substance un responsable du ministère des Affaires étrangères cité par la télévision officielle.

Cette réaction de Damas avait pour but de dénoncer des propos confiés mercredi par M. Brahimi à la BBC voulant que le plan de sortie de crise présenté récemment par le gouvernement syrien soit « encore plus sectaire et partial » que les précédents.

Un discours qui n'a visiblement pas plu au gouvernement Al-Assad qui n'a cependant pas rompu les ponts avec M. Brahimi qui agit à titre de médiateur international dans la crise syrienne.

Toujours plus de réfugiés

Sur le terrain, en Syrie, la situation humanitaire ne cesse de se détériorer, selon l'ONU, qui signale que le nombre de réfugiés en provenance de Syrie a augmenté de plus 100 000 en décembre dans les pays voisins et en Afrique du Nord.

Selon le Genève le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), plus de 612 000 personnes se sont enregistrées auprès du HCR comme réfugiés en provenance de Syrie alors qu'on en dénombrait près de 510 000, le 11 décembre dernier.

Il s'agit d'une forte augmentation provoquée non seulement par les combats et la détérioration des conditions de vie dans le pays, mais également en raison d'un hiver particulièrement rude cette année au Moyen-Orient, explique le porte-parole du HCR, Adrian Edwards.

L'ONU s'attend à ce que le nombre de réfugiés syriens atteigne 1,1 million d'ici juin prochain si la guerre civile se poursuit.

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