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11/01/2013 11:42 EST | Actualisé 13/03/2013 05:12 EDT

Tunisie: le chef des islamistes au pouvoir met en garde contre le chaos

Le chef du parti islamiste Ennahda au pouvoir en Tunisie, Rached Ghannouchi a mis en garde vendredi, à trois jours du deuxième anniversaire de la révolution, contre l'avènement du "chaos" en Tunisie alors que les manifestations sociales violentes se multiplient.

"Plusieurs pays ont réussi à faire chuter des régimes mais pas à instaurer un Etat démocratique, en raison du dévoiement de la liberté, comme en Somalie", a-t-il dit lors d'un meeting devant des centaines de partisans à Raoued, en banlieue de Tunis.

"Nous ne voulons pas que la Tunisie soit comme la Somalie, que la révolution se transforme en chaos", a ajouté M. Ghannouchi, considéré comme l'homme fort du pays.

Il a souligné que les conflits sociaux qui ont dégénéré en graves violences jeudi à Ben Guerdane (sud) et à Siliana (nord-ouest) début décembre faisant 300 blessés "n'honorent pas la révolution mais au contraire la menacent".

Les tensions sociales se sont exacerbées ces derniers mois en Tunisie, les espoirs de la révolution de janvier 2011 ayant laissé place aux frustrations face à une économie anémique et au chômage toujours très élevé.

La misère était au coeur du soulèvement qui a chassé du pouvoir le 14 janvier 2011 le président Zine El Abidine Ben Ali.

Outre les difficultés économiques, la Tunisie est confrontée à l'émergence de groupuscules islamistes violents, et la classe politique n'est toujours pas parvenue à rédiger la nouvelle Constitution du pays ni à fixer un calendrier électoral.

Ennahda est à la tête d'une coalition de gouvernement avec deux partis laïques de centre-gauche, après avoir remporté l'élection de l'Assemblée nationale constituante d'octobre 2011 qui était censée achever ses travaux en un an.

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