NOUVELLES
11/01/2013 04:14 EST | Actualisé 12/03/2013 05:12 EDT

Syrie: un aéroport militaire du nord quasiment aux mains des rebelles (ONG)

L'aéroport militaire de Taftanaz, dans le nord-ouest de la Syrie, était quasiment aux mains des rebelles vendredi, ce qui représenterait la prise de la plus importante base aérienne par les insurgés depuis de début de la révolte il y a 22 mois, a indiqué une ONG.

"C'est une question d'heures mais la quasi-totalité de cet aéroport, qui peut accueillir en temps normal 60 hélicoptères, est aux mains des rebelles", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

"La plupart des soldats ont fui et il n'en reste plus que quelques dizaines qui combattent encore. Le régime a retiré tous ses hélicoptères à l'exception d'une vingtaine qui ne sont plus en état de marche. C'est le grand aéroport conquis par les rebelles", a-t-il ajouté.

Cette ONG, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins en Syrie, avait indiqué mercredi que des combattants jihadistes s'étaient emparés mercredi d'une partie de cet aéroport qu'ils assiègent depuis des semaines et d'où décollent les avions qui mènent des raids sur la province d'Idleb.

Dans la capitale, "une charge a explosé à l'intérieur d'une voiture dans la rue as-Saoura près du pont Victoria", dans le centre-ville, a indiqué l'OSDH, sans faire état de victimes.

Des bombardements ont par ailleurs visé les quartiers rebelles de Assali et Tadamoun, dans le sud de Damas, ainsi que les localités proches de Hajar al-Aswad, Yalda, Mouadamiya al-Cham, Daraya et Babbila.

Dans la grande métropole du nord, Alep, une roquette est tombée sur le quartier de Karm al-Jazmati (est) faisant des victimes, selon l'ONG.

Une source militaire a déclaré à l'AFP que des affrontements violents entre forces loyales et des hommes armés avaient éclaté jeudi sur le marché de la vieille ville entourant la mosquée des Omeyyades "après une tentative de l'armée d'avancer vers le souk".

"L'armée a dû se retirer dans la nuit vers le centre d'Alep", selon la source militaire faisant état néanmoins d'"une progression de l'armée sur l'axe principal du quartier de Boustane al-Bacha", dans le nord d'Alep.

A Banias (nord-ouest), un agent de sécurité a été tué et un autre blessé dans la nuit de jeudi à vendredi lors d'une attaque menée par des hommes armés contre un point de contrôle de l'armée.

Une explosion a eu lieu dans les quartiers sud de cette ville qui avait vu les premières manifestations anti-Assad dès le 18 mars 2011, en parallèle avec celles de Deraa (sud), berceau de la révolte.

Pour leur part, les militants de l'opposition ont appelé, comme tous les vendredis, à des manifestations contre le régime. Cette semaine, ils veulent dénoncer "les camps de la mort", en référence aux souffrances des réfugiés syriens qui vivent dans des camps dans les pays voisins, touchés par des pluies diluviennes et des chutes neige.

"Ils sont partis avec femmes et enfants craignant les enlèvements, les tireurs embusqués et les bombardements. Ils ont rêvé d'une tente en sécurité loin des gangs d'Assad, mais une mort lente était au rendez-vous", ont écrit les opposants sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011".

Jeudi, 51 personnes ont été tuées à travers la Syrie, selon l'OSDH.

Selon l'ONU, plus de 60.000 personnes ont péri depuis le début, en mars 2011, d'une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad qui s'est militarisée au fil des mois sous le coup de la répression du régime.

rd-rm/sk/vl