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11/01/2013 02:34 EST | Actualisé 13/03/2013 05:12 EDT

L'épidémie de grippe a démarré tôt et fait rage aux Etats-Unis

L'épidémie de grippe aux Etats-Unis, qui a démarré plus tôt que la normale début décembre, fait rage dans la plupart des Etats du pays, et a provoqué la mort de 20 enfants et entraîné plus de 2.200 hospitalisations à ce jour.

"Il semble que ce soit la pire saison de grippe que nous ayons eue depuis dix ans", estime le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), rappelant qu'en revanche, la saison 2012 avait été l'une des plus bénignes.

Celle-ci est différente. La grippe a commencé plusieurs semaines en avance avec un grand nombre de cas dès le début du mois de décembre, alors qu'habituellement c'est à partir de la mi-janvier que l'on constate un fort accroissement du nombre de gens malades avant un pic fin février, explique-t-il à l'AFP.

"Ce n'est pas bon signe quand on voit une telle accélération des infections si tôt, un phénomène généralement annonciateur d'une mauvaise épidémie de grippe", ajoute le virologue.

De plus, la souche du virus dominante cette année est H3N2, historiquement responsable de symptômes plus graves par rapport aux autres types de virus, souligne-t-il.

Pour le moment, le bilan du nombre de morts ne porte que sur des enfants, ce qui s'explique par le fait que les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) sont tenus par la loi de faire état régulièrement des morts pédiatriques. Le bilan des décès chez les adultes sera connu à la fin de la saison, indique le Dr Fauci.

Selon les CDC, la grippe fait environ 24.000 morts en moyenne par an aux Etats-Unis.

On mesure l'étendue de la grippe et de ses effets dans la population par le nombre de personnes s'étant rendues aux urgences -- qui confirment les cas.

Et cette année, la proportion est assez élevée, approchant les niveaux de la grippe de la saison 2003-2004, considérée comme modérément sévère.

Pour les quatre dernières semaines de 2012, la proportion de personnes consultant leur médecin ou se rendant à l'hôpital pour des symptômes de grippe est passée de 2,8% à 5,6%, selon les services de veille sanitaire des CDC. L'an dernier ce taux avait culminé à 2,2% et en 2003/2004 à 7,6%.

Cependant, pour la première semaine de 2013 (30 décembre au 5 janvier), ce taux a reculé à 4,3%, signe que l'épidémie pourrait avoir culminé dans certaines régions même si elle a continué à se propager pour toucher 47 Etats américains contre 41 la semaine d'avant -- la Californie (ouest), le Mississippi (sud) et Hawaï (Pacifique) restant relativement épargnés.

Le nombre d'Etats les plus affectés est aussi retombé de 29 à 24 cette semaine.

Ces 24 Etats et la ville de New York ont fait part de taux élevés de personnes atteintes de la grippe, et dans certains endroits la situation est même jugée critique alors que les hôpitaux ont peine à faire face au flot de malades.

Le maire de Boston (Massachusetts, nord-est), Thomas Menino, a déclaré l'état d'urgence médicale mercredi après que la ville eut enregistré 700 cas confirmés de grippe, dix fois plus que durant toute la saison précédente.

A Allentown en Pennsylvanie (est), un hôpital a monté une tente à l'extérieur pour recevoir et examiner les personnes grippées.

Certains hôpitaux débordés envoient des malades par ambulance vers d'autres centres hospitaliers.

La bonne nouvelle est que le vaccin cette année correspond bien aux souches en circulation (90%), conférant une protection de 62%, selon une dernière estimation des CDC qui recommandent de se faire vacciner et soulignent qu'il n'est pas trop tard.

Selon les CDC, 37% des Américains avaient été vaccinés mi-novembre.

Même si on contracte la grippe en étant vacciné, les symptômes seront probablement moins sévères, fait valoir le Dr Fauci.

js/sam