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11/01/2013 10:24 EST | Actualisé 13/03/2013 05:12 EDT

L'ancienne vedette de la BBC Jimmy Savile a commis des centaines d'agressions sexuelles

L'ancien présentateur vedette du réseau de télévision britannique BBC Jimmy Savile a commis 214 agressions sexuelles, dont 34 viols, au cours de 6 décennies, selon un rapport d'enquête de la police et des services de protection de l'enfance.

Décédé en 2011 à l'âge de 84 ans, le « prédateur sexuel » - comme le décrit le rapport d'enquête - a agressé des centaines de personnes de 8 à 47 ans de 1955 à 2009. Au cours de cette période, Saville a sévi dans les locaux de la BBC, dans 13 hôpitaux où il travaillait comme bénévole, dans des écoles et dans un foyer pour jeunes.

Il a perpétré son premier crime à Manchester, en 1955, et il a abusé de personnes au sein de la BBC de 1965 à 2006 pendant qu'il animait la populaire émission musicale Top of the Pops. Il a également sévi à Leeds et à Londres.

  • 73 % de ses victimes étaient mineures.
  • 82 % de ses victimes étaient de sexe féminin.

La plus jeune victime était un garçon de huit ans au moment de l'agression, mais la majorité de ses victimes étaient des adolescentes de 13 à 16 ans.

L'ancienne vedette des années 1970-1980 a profité de son statut de célébrité pour commettre ses agressions, indique le rapport qui résume trois mois d'enquête. Les crimes de Saville étaient majoritairement « des agressions sexuelles commises quand l'occasion se présentait », mais certaines autres avaient été « planifiées », précise le rapport.

Au total, 450 personnes se sont présentées aux enquêteurs dans le cadre de l'enquête.

Excuses et consternation

Le Directeur des poursuites publiques (DPP), Keir Starmer, a présenté ses excuses pour l'impunité dont a bénéficié Savile tout au cours de sa vie. Le procureur général a notamment renoncé à déposer des accusations contre Savile en 2009, malgré des plaintes déposées à la police du Surrey.

Le conseiller juridique du DPP, Alison Levitt, estime que « si la police et les services avaient adopté une approche différente, des poursuites auraient pu avoir lieu concernant trois victimes ». Il croit que les plaintes avaient été traitées « avec une circonspection qui n'était ni justifiée ni appropriée ».

Le directeur de l'agence britannique pour la protection de l'enfance et coauteur du rapport, Peter Watt, estime que l'étendue des abus « dépasse l'entendement ». Il a qualifié Jimmy Savile de « l'un des prédateurs sexuels les plus actifs que nous n'ayons jamais connu ».

« Il s'est caché derrière un voile d'excentricité, jouant la carte du bluff face à ceux qui posaient des questions », a poursuivi M. Watt, en évoquant les rumeurs qui circulaient du vivant de Savile.

Révélé en octobre dernier, le scandale a provoqué une crise à la BBC, qui a été accusée d'avoir tenté d'étouffer l'affaire. La crise avait entraîné la démission du directeur général du réseau de télévision. La BBC a exprimé, dans un communiqué, sa « consternation » pour les crimes commis dans ses locaux et elle a présenté de nouveau des « excuses sincères aux victimes ».